Winged Wheel – Desert So Green

On avait laissé Winged Wheel en pleine forme avec leur précédent album nommé Big Hotel il y a plus d’un an et demi de cela maintenant. Le collectif américain composé des membres de Tyvek, Spray Paint, Matchess ainsi que de Steve Shelley et de Fred Thomas que je ne présente plus a réussi à se démarquer par leur singularité musicale absolument labyrinthique. Une singularité qui continuera de repousser les limites avec l’arrivée de leur successeur qui se nomme Desert So Green.

Allons savoir ce que Winged Wheel nous a réservé. Et autant vous préparer à de l’imprévisible tandis que chaque membre solidifie leur alchimie un peu plus à travers ces neuf nouvelles compositions aventureuses et spontanées où ils iront brouiller les pistes entre post-punk et krautrock dès le départ avec « Canvas 11 » où ils s’amusent à déconstruire les structures musicales. Le collectif de Detroit se montre un brin agressif mais beaucoup plus technique, comme l’atteste les élans faussement post-hardcore de « Speed Table » aux riffs incroyablement syncopés ou encore de « More Frog Poems » absolument ensorcelants.

Ce qui fera de Desert So Green une expérience musicale pour la moins inouïe est cette capacité pour Winged Wheel de mélanger les genres pour en faire une exploration hors du commun. Imaginez un croisement entre Pixies et ML Buch sur « I See Poseurs Every Day » ou encore sur l’ascenseur émotionnel absolument obsédant de « Bird Spells » à mi-chemin entre du ZZ Tops et de Silver Apples (improbable certes mais inouï) où le groupe marche aisément sur les pas de Cocteau Twins, Neu! et de The Grateful Dead en même temps. Ajoutez ceci à une conclusion percutante du nom de « The Suite Goes Quiet » et vous obtiendrez un Desert So Green gentiment goth dans l’âme qui refuse le confort et le conventionnel pour faire rentrer aussi bien l’inventivité et la surprise, ce que perfectionne à merveille Winged Wheel.

Note: 8.5/10