Pullman – III

Il y a des retours musicaux qui font plus que plaisir. Et quoi de mieux que d’en parler dès le début de cette nouvelle année avec un come-back plus qu’étonnant, à savoir Pullman. En effet, cela faisait tout de même 25 ans que la légendaire formation de post-rock n’a pas donné signe de vie depuis leur second album avant de se séparer de plus belle. Mais personne n’oserait penser que Doug McCombs, Chris Brokaw, Ken Brown, Curtis Harvey et Tim Barnes allaient se reformer en cette période bien trouble et pourtant. Les voici de retour pour un troisième tour de piste.

Et c’est dire que le retour de Pullman est une bonne nouvelle quand on sait que Tim Barnes fut diagnostiqué de la maladie d’Alzheimer mais cela n’empêche pas pour lui de continuer de faire de la musique avec Ken Brown à temps plein. Tout ceci a donné naissance au troisième album de la formation où on les retrouve là où on les avait laissé 25 ans plus tôt avec une musique à la fois plus abstraite et plus immersive que jamais avec le mur du on de « Bray » où cette collision entre guitares et white noise pour un moment ensorcelant. III a de quoi penser tantôt aux travaux de John Martyn tantôt à ceux du tandem Eno/Fripp avec entre autres sur les plus chatoyants et contemplatifs « Weightless », « Thirteen » ainsi que la pièce maîtresse de 13 minutes de « October » aux allures de post-rock avant de se muer vers des allures dronesques sur les trois dernières minutes.

Avec III, Pullman effectue un retour beaucoup plus émouvant avec également un « Kabul » en guise de conclusion aux doux airs de folk expérimental où l’on peut facilement comparer à un long souffle que l’on a longtemps contenu et qu’il est temps de laisser partir pour mieux aller de l’avant. Le supergroupe de Chicago prouve qu’ils n’ont rien perdu de leur inventivité tout en affichant un visage plus contemplatif qui leur va à ravir.

Note: 8/10