Robert Stillman – 10,000 Rivers

Robert Stillman continue d’évoluer dans l’ombre mais mérite avant tout une ample reconnaissance. Le musicien originaire de Kent qui avait longtemps accompagné The Smile en live avait marqué les esprits avec son prédécesseur nommé What Does It Mean To Be American paru en 2022 mais continue d’élargir ses horizons avec son nouveau disque qui s’intitule 10,000 Rivers.

Lui qui a longtemps baigné dans l’univers spiritual jazz va voir donc plus large tout au long de ces huit nouvelles compositions pour les moins immersives. 10,000 Rivers va puiser son inspiration auprès du regretté Steve Jobs où notre musicien va explorer sa vie en musique tout en explorant des influences plus pop hypnagogique aux sonorités très 70’s-80’s que l’on retrouve dès le morceau-titre introductif où l’interprétation de notre protagoniste saura nous interpeller tout comme sur « Reality Distorsion Field » aux doux airs d’Alan Parsons Project ainsi que sur le plus immersif « The Zentrepreneur (Carlos) » avec ce parfait duo batterie/saxophone absolument raffiné.

10,000 Rivers viendra parler d’un homme qui est tourmenté par l’instabilité de la réalité telle qu’il la perçoit alors il décide d’en inventer une presque utopique. Et c’est à travers d’autres moments hypnotiques et futuristes que sont « Knowledge Is Free (Woz) » avec ce motif rappelant Electric Light Orchestra par moments mais également le futuriste « The California Ideology (A Walking Meeting) » ainsi que la splendide ballade nommée « No Off » aux faux airs de Steely Dan que Robert Stillman continuera de sortir des sentiers battus. Il ne manquera plus qu’une conclusion nommée « To Be Loved By You (Kids) » mettant en avant toute la vulnérabilité de son auteur en évoquant le deuil senti par les enfants du regretté Steve Jobs avant de s’achever sur un océan d’instruments à bois. Et en ce sens, 10,000 Rivers viendra afficher les nouvelles ambitions de Robert Stillman absolument réussies.

Note: 8/10