
A-t-on besoin de rappeler qu’Arlo Parks est sur la pente ascendante ? Depuis son premier album, tout semble lui sourire et c’est tout à son honneur. On l’avait laissé en pleine forme avec son précédent album nommé My Soft Machine qui vaut son pesant d’or il y a trois années de cela maintenant. Allons savoir ce qu’elle nous a réservé avec son successeur sobrement intitulé Ambiguous Desire.
Pour cette nouvelle aventure musicale, Arlo Parks puise son inspiration auprès de ses longues errances nocturnes dans les clubs de Los Angeles, New York et de Londres afin de renouveler un brin son son. Mais n’appelez pas Ambiguous Desire un disque taillé pour les clubs, bien au contraire, comme on en veut pour preuve le morceau d’ouverture nommé « Blue Disco » où la soul atmosphérique côtoie des rythmiques plus dansantes, à la limite de l’UK Garage ou de la house avec brio tout comme sur « Jetta » et « Get Go » en ligne de mire.
Ambiguous Desire reste avant tout émouvant, comme affirme la plume d’Arlo Parks. C’est à travers des compositions à la fois cristallines et ensorcelantes telles que « Heaven » ou bien même « Beams » et « Nightswimming » qu’elle continue de tirer son épingle du jeu avant de faire intervenir Sampha sur un « Senses » aussi introspectif que rythmé pour une collaboration sur mesure. Tout laisse à penser qu’elle n’aura pas fini d’explorer de nouveaux recoins et ce jusqu’au bout avec « 2SIDED » et « What If I Say It? » avant de prendre de l’ampleur avec le cotonneux « Floette » où elle répète inlassablement: « We’re blossoming » tandis qu’elle arpente des influences plus jungle/drill’n’bass sur les dernières secondes.
En fin de compte, Ambiguous Desire porte plutôt bien son nom car Arlo Parks aime brouiller les pistes. On découvre plusieurs facettes de l’artiste, tiraillée entre la douceur et la beuverie, la vulnérabilité et la férocité, l’intimiste et l’aspect club sans jamais tomber dans le côté décousu mais qui peut s’avérer frustrant sur la longue. Mais tout ceci permet à notre protagoniste d’arpenter un virage pour le moins intéressant pour la suite.
Note: 8/10
