Thundercat – Distracted

La dernière fois que Thundercat avait sorti un album, il fallait remonter à l’année de la fin du monde avec It Is What It Is. Mais cela n’empêche pas pour l’artiste de rester bien présent dans le paysage musical pour autant, à travers des collaborations, des tournées et autres morceaux pour nous occuper. Mais l’heure est venue pour le prodige du jazz-funk californien de faire son grand retour avec son nouvel album tant attendu du nom de Distracted.

Le chanteur et bassiste californien continue de régner sur la scène musicale à travers ces quinze nouveaux titres permettant de rappeler son influence ces dernières années. Thundercat prend le risque de payer les services du superproducteur Greg Kurstin que je ne présente plus afin de renouveler son son, comme il se doit. Ainsi, on retrouve Thundercat à l’aise dans son univers dès le départ avec « Candlelight » où on retrouve ces structures imprévisibles qui lui sont propres tout comme sur « I Wish I Didn’t Waste Your Time » et sur « Anakin Learns His Fate » entre autres.

Et même si on retrouve son comparse de toujours qu’est Flying Lotus qui ne signe que deux productions, à savoir le survolté « I Did It To Myself » en compagnie de Lil Yachty mais encore le plus onctueux « Great Americans », Thundercat compte viser large pour le meilleur comme pour le pire. Ce n’est pas un hasard si on retrouve Tame Impala sur « No More Lies » qui semble sortir tout droit des sessions de l’album The Slow Rush ou encore The Lemon Twigs qui viendront apporter leur touche rétro sur les allures faussement yacht-rock de « What Is Left To Say » (produit par Kenny Beats) et sur les harmonies très Beach Boys de « Pozole » qui tombent un peu à plat. Tout comme les collaborations avec A$AP Rocky sur la synthpop de seconde zone qu’est « Funny Friends » ou avec WILLOW sur un « ThunderWave » malheureusement transparente.

Mais il subsiste quelques moments d’éclat comme la collaboration posthume avec le regretté Mac Miller sur le funk solaire et très smooth du nom de « She Knows Too Much » mais encore Channel Tres sur le soyeux « This Thing We Call Love ». Thundercat veut rendre sa musique accessible et c’est tout à son honneur même si on le préfère lorsqu’il est dans sa zone de confort avec « A.D.D. Through The Roof » et le final nommé « You Left Without Saying Goodbye » qui se clôture avec un: « Maybe I should start an Onlyfans and show some feet ». De quoi exciter Tarantino et George Tron. Avec Distracted, le prodige californien abandonne cette fusion entre jazz-funk astral et R&B psychédélique pour un résultat grand public qui peut décontenancer plus d’un.

Note: 7/10