
Beaucoup d’entre nous ont découvert Eaves Wilder avec un premier EP prometteur du nom de Hookey il y a trois années de cela maintenant. La jeune artiste venue de North London est parée pour un avenir radieux grâce à son univers musical absolument renversant, que l’on retrouve sur son premier long-format intitulé Little Miss Sunshine.
On retrouve ainsi l’interprétation fluette, presque similaire à celle de Katie Bell de Just Mustard, qui viendra nous envoûter dès le départ avec « Hurricane Girl » avec son faux départ bedroom-pop acoustique avant de faire rugir les guitares et de mettre plus de reverb dans sa voix. Little Miss Sunshine est un large éventail d’émotions pour Eaves Wilder allant de l’anxiété à l’espoir en passant par la confrontation notamment sur le plus effronté « Just Say No! » qui est l’hymne anti-coercition par excellence ou encore le percutant et onirique « Everybody Talks » où l’artiste a envie de crier: « TAISEZ VOUS » comme Finkielcrotte sur scène face à un public trop bavard.
Une chose est sûre, c’est qu’Eaves Wilder saura nous toucher en parlant du passage à l’âge adulte qui s’avère absolument compliquée en ces temps bien anxiogènes. Et c’est avec des morceaux aussi bien accrocheurs qu’attachants que sont la triptyque « Mountain Sized », « The Great Plains » ainsi que « English Tea » qui parlent sans pudeur de cette envie d’évasion où elle réussit à nous toucher comme personne. Le seul hic, c’est que la suite de Little Miss Sunshine s’avère peu emballant avec des morceaux comme « Ropeburn » et « LA » qui ont un sacré potentiel mais qui manquent malheureusement de relief. Mais heureusement, Eaves Wilder rattrape le tout avec un « Summer Rolls » notable par ces incroyables envolées qui suffiront à nous emporter comme personne.
Quoi qu’il en soit, Eaves Wilder livre un premier album absolument honorable où elle réussit à traduire le malaise générationnel en musique. Et malgré cet aspect inégal qu’habite Little Miss Sunshine, on applaudira les talents d’arrangeuse et de compositrice de la native londonienne qui suffira pour charmer son auditoire.
Note: 7.5/10
