Holy Wave – i’m DADA

Si il y a bien un retour qui fait plus que plaisir, c’est bien celui de Holy Wave. Il faut dire que cela fait tout de même trois ans que nous étions sans nouvelles de la part du groupe d’Austin depuis leur précédent album nommé Five of Cups où on les voyait arpenter des chemins plus jangle-pop et pop psychédélique. Allons savoir ce qu’ils nous ont réservé avec leur sixième disque tant attendu du nom de i’m DADA.

On ferme les yeux et on se laisse guider par les envolées psychédéliques de « US 54 » qui ont de quoi rappeler la grâce de Stereolab tout comme sur « s33.u.in/HAL » où les guitares shoegaze hallucinogènes donnent le ton. Parce qu’il n’y a pas que le spectre de la bande à Laetitia Sadier/Tim Gane lors des écoutes de i’m DADA, on retrouve également l’élégance de Can et de High Llamas, notamment sur un « first DAE » des plus acidulés. Une preuve que Holy Wave, en privilégiant les boucles et les échantillons tout en misant sur des rythmiques cycliques, n’aura pas fini de nous surprendre.

Malgré cette volonté de répétition, le groupe texan n’est pas avare en surprises. On pense notamment aux déluges shoegaze qui surgissent de façon inattendu comme sur « happy song » ou encore sur la fin bien noisy de « lull » tandis que Holy Wave aborde des thématiques bien sombres. C’est en conviant les guitares tantôt acoustiques et aériennes tantôt électriques et fuzzy mais encore les orgues vintage et autres rythmiques presque kosmische qu’ils atteindront de nouveau le sommet avec entre autres le morceau-titre ainsi que les allures dub enfumées de « too one » et d’autres plus oniriques avec « to the other ».

Il ne manque plus qu’une conclusion beaucoup plus intense et électrique du nom de « dewey’s dirge » un brin fataliste (avec une allusion à la ICE qui sème la terreur aux Etats-Unis) pour que Holy Wave puisse de nouveau tirer son épingle du jeu avec ce i’m DADA plus audacieux et plus ensorcelant que jamais.

Note: 8/10