Beck – Ride Lonesome

Cela faisait quand même un petit bout de temps que l’on sentait Beck en bout de course. Il faut dire que ses deux derniers albums n’étaient pas fameux du tout. On a eu droit à un Colors paru en 2017 produit par Greg Kurstin et Hyperspace deux ans plus tard produit par Pharrell Williams qui n’étaient absolument pas transcendants du tout. Mais toujours est-il qu’il s’est fait vivement attendre depuis. On a longuement attendu et c’est enfin arrivé: notre héro des temps modernes revient enfin avec son quinzième disque nommé Ride Lonesome.

Profondément déterminé à rectifier le tir de ses précédents disques, Beck revient à ses premiers amours, à savoir la folk et la country. Ride Lonesome réunit l’aspect voyageur de Mutations, la mélancolie de Sea Change et le côté épuré de Morning Phase pour en faire un sublime condensé. C’est en réunissant avec les différents musiciens de ces trois disques que notre protagoniste compte exposer de nouveau sa vulnérabilité, dès le morceau-titre introductif où l’émotion est de mise tout comme « Run Away » et « In The Night » qui suivent et qui étonnent par ses arrangements orchestraux de toute beauté. De quoi embarquer dans ce périple aussi bien mélancolique que lumineux.

Inspiré par son récent divorce, Beck nous raconte ainsi son spleen de la plus belle des manières. On sent un protagoniste solitaire à la recherche d’une paix presque impossible à atteindre grâce à cette voix plaintive qui résonne entre autres sur « Failed Words » sans oublier « Bleed » et « For Your Love » aux orchestrations presque cinématographiques où les cordes ainsi que le piano retentissent sans vergogne. Brouillant les pistes entre alt-country et indie folk baroque, Ride Lonesome poursuit dans cette thématique thérapeutique avec les vibrants « It Ends Right Here » et « Falling Through My Hands » qui n’auront pas fini de nous bercer avant d’enfoncer le clou avec les derniers morceaux cathartiques que sont « If You Don’t Know What Love Is » et « Beyond The Light » en ligne de mire.

C’est ainsi que se clôture cette trilogie folk que Beck avait débuté avec Mutations sur une très belle note. Ride Lonesome est sans aucun doute l’aboutissement de ce qu’il a pu bâtir en alliant l’aspect émotionnel et contemplatif à travers ses influences folk épurées avec tant de réussite et d’élégance. Un retour gagnant qui fait plaisir à entendre avant tout.

Note: 8/10