
On poursuit cette saga de grands retours musicaux pour les moins inattendus avec cette fois-ci Yôkaï. Le groupe bruxellois n’avait pas donné signe de vie depuis leur précédent album nommé Coup de Grace il y a quatre années de cela maintenant. Mais fort heureusement, la formation n’a pas dit son dernier mot car il signe leur grand retour avec l’arrivée de leur successeur intitulé Humboldt.
Pour ce grand retour, Yôkaï repousse les limites de leur créativité avec tant d’élégance. Le groupe opte pour une approche beaucoup plus instinctive en laissant libre cours à leur imagination qui se dessine à coup d’improvisations et par là émergent les structures et atmosphères qui deviendront des compositions. C’est d’autant plus notable lors du morceau-titre introductif qui élargit clairement ses horizons sonores comme sur des titres intenses et amples comme « Iguazu » ainsi que « Lalo » et « Dewey » dominés par ce groove si hypnotique et entraînant.
C’est en s’éloignant des influences éthio-jazz pour privilégier les rythmiques dub, les textures dignes de library music et les synthés analogiques ainsi que les riffs tranchants que Yökaï viendra de nouveau tirer son épingle du jeu. C’est à travers des écoutes de « Fortunino » scindé en deux parties distinctes mais encore de « Federico » et de « Waaktaar » que le groupe bruxellois saura convoquer des imageries évocatrices et immersives avant de prendre de la hauteur avec « Mocassins » en guise de conclusion stellaire et pleine d’optimisme. Yôkaï signe un disque nous invitant dans un monde parallèle où tout est possible tandis que les doutes et autres incertitudes sont finalement dissipées.
Note: 8/10
