
Mon histoire avec Disgusting Sisters débute deux ans plus tôt. Il s’agissait d’un de leurs premiers concerts à la Mécanique Ondulatoire lors de l’Avant-Garde du Pitchfork Music Festival où deux jeunes musiciennes (soeurs dans la vraie vie) étaient sorties des sentiers battus avec leur set endiablé et entraînant sans oublier leur prestation scénique hors du commun. Suite à cela, je me suis dit qu’il fallait qu’elle publie quelque chose pour solidifier leur statut. Deux ans plus tard, voici venir leur premier long-format officiel du nom de Skin & Blisters.
Derrière Disgusting Sisters se cachent donc Julianna, batteuse du groupe londonien Pynch, et Joséphine, réalisatrice parisienne, qui ont partagé la scène auprès des plus grands comme Two Door Cinema Club ou encore Maxïmo Park, ce qui n’est pas rien. Et à travers ce premier disque, on plonge dans leur univers musical biberonné aux groupes britanniques et de la French Touch des années 2000 ainsi qu’à la pop culture actuelle qui est parfaitement condensé tout au long de ces dix compositions acidulées et efficaces à souhait. Sur Skin & Blisters, il est question de sugar daddies, de fuckboys relous et de la routine métro-boulot-dodo pesant lourd sur notre charge mentale mais le duo réussit à tirer son épingle du jeu, grâce à cette fusion entre post-punk et indie-pop addictive à souhait.
Accompagnées d’un live-band, à savoir Joey (batterie), Jude (guitare) ainsi que James (basse, production), Disgusting Sisters nous entraîne dans leur monde bien pétillant, dès le départ avec « Sorry Mister » où elles iront remballer les relous en soirée avant d’enchaîner avec « Weirdo Magnet » où elles nous demandent d’assumer notre part bizarre en nous mais également les rythmés et jouissifs « Not Cool » et « Killing It » qui suivent. L’esthétique digne des années 2000 est parfaitement mise en avant mais nos deux protagonistes gardent une touche intemporelle rendant le tout électrifiant jusqu’au bout avec également « Baby K » et « Waste of Space » en ligne de mire. Skin & Blisters n’est pas que fête et amusement car Disgusting Sisters peut afficher une facette plus sérieuse avec le plus mélancolique et bouleversant « Frankenstein » qui est un hommage à leur défunt père dont elles souhaitent ramener à la vie mais aussi sur le plus survolté « TGIF » qui traite de la routine métro-boulot-dodo en utilisant l’analogie du jeu du loup garou.
Après un « Calvin Klein » en guise de conclusion accrocheuse, il en résulte un Skin & Blisters remarquable de bout en bout. Une chose est sûre, c’est que Disgusting Sisters maîtrise parfaitement les codes de l’indie pop grâce à leur univers électrifiant et fun tout en nous invitant à voir les galères du quotidien sous un nouveau jour mais également sur la piste de danse.
Note: 8/10
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