Mitski – Puberty 2

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Tiens, encore une autre artiste qui mérite son statut d’auteure-compositrice-interprète prestigieuse à seulement 25 ans. Il s’agit de la new-yorkaise Mitski d’origine japonaise qui a publié trois albums qui ont connu un petit succès d’estime dont le dernier en date de 2014 nommé Bury Me At Makeout Creek. Pourtant avec ce quatrième album Puberty 2, quelque chose me dit qu’elle va remporter le gros lot.

Mitski, c’est tout simplement une mélancolie à faire froid dans le dos, des textes personnels teintés de spleen et d’humour noir traitant des différents angoisses que l’on traverse de l’adolescence au passage, d’une voix enivrante et larmoyante qui nous captive directement sans oublier ses compositions purement indie rock qui prennent directement aux tripes comme le rentre-dedans et résolument 90s « Your Best American Girl » (assurément un titre qui tournera longtemps cette année). Dans le même style, on retrouve les implacables « Dan The Dancer », « A Loving Affair » ou l’intermède punk lo-fi incontrôlable de « My Body’s Made of Crushed Little Stars » qui montre tout l’étendue du talent que possède la mamzelle.

Puberty 2 possède un large éventail d’influences. Il n’est pas rare de croiser Angel Olsen, Sharon van Etten au niveau des compositions oniriques et émouvantes comme la dantesque « Fireworks », « Once More To See You » ou encore « I Bet On Losing Dogs » ou même le spectre des Breeders sur des titres plus énervés. On y croise aussi du St. Vincent au niveau des prouesses vocales mais Mitski en fait une identité propre. C’est aussi un album possédant un large éventail d’émotions allant de la joie à la tristesse ou même les deux en même temps comme sur « Fireworks », ou même du rêve (les solennels « Thursday Girl » et « Crack Baby » qui donnent dans la dream-pop) au cauchemar (la boîte à rythme destructurée et son solo de saxophone incongru sur « Happy » comme principal exemple). Bref, assez suffisant pour faire de ce quatrième album hyper riche et hyper créatif.

En 31 minutes, Mitski passe en revue son moral en berne et sa psychologie fracassée. Puberty 2 est remarquable pour la fragilité de l’artiste et sait parfaitement exprimer ses tourments et autres traumatismes sous différents niveaux. Entre indie rock, dream-pop, folk gothique quasi-lynchienne et synthpop, la New-Yorkaise nous fait part de son malaise et c’est ce qui la rend touchant plus que tout. Le passage entre l’adolescence et l’âge adulte n’est pas toujours facile et elle nous le fait rappeler.

Note: 10/10

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