Bat For Lashes – The Bride

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Y a-t-il quelque chose que Bat For Lashes ne sait pas faire ? Bien sur que non ! Après son excellent dernier album The Haunted Man en 2012, la Britannique est sans conteste devenue la musicienne la plus prolifique du moment, statut confirmé avec son album collaboratif avec TOY et Dan Carey pour le projet Sexwitch l’année dernière (chroniqué ici). Avide de disques conceptuels, Natasha Khan en remet une couche avec un nouveau intitulé The Bride qui aurait pu faire office de bande-originale.

Sur The Bride, Bat For Lashes raconte la triste histoire d’un mariage qui part en couilles. Celui d’un mariage endeuillé où l’épouse perdra son futur prétendant lors d’un terrible accident de voiture sur le chemin de l’église. Sale histoire. Mais pourtant, on suit avec attention cette tragédie en treize parties qui commençait pourtant bien avec l’introduction angélique « I Do » jouée à l’autoharpe qui nous prépare au pire. Le pire se nomme les très sombres « Joe’s Dream (Don’t Say Goodbye) » et « In God’s House » aux sonorités électro plus prononcées qui plantent parfaitement le décor de The Bride.

Encore une fois, Natasha Khan est au sommet de sa créativité et de son interprétation théâtrale et émouvante. Personne ne pourra rester de marbre face à des moments de bravoure comme les aspects trip-hop de la lune de miel poignante de « Honeymooning Alone » (avec son introduction de crissements de voiture qui donnent la chair de poule), le côté krautrock de « Sunday Alone », le sublime « Close Encounters » et j’en passe. Et plus on avance, plus cet opus se fait plus cinématographique avec notamment « Widow’s Peak » où elle se lance dans le spoken-word pour raconter le désespoir de devenir veuve. Ce désespoir qui se transforme en déni (le pesant « Never Forgive The Angels ») avant la phase d’acceptation sur la tentative de deuil qu’est »I Will Love Again ». Pourtant, on n’est pas encore à son paroxysme, le summum du désespoir est atteint avec la ballade au piano « If I Knew » ainsi que la conclusion terriblement dramatique de « Clouds » qui arriveront à vous tirer une larme. Ou plusieurs, même.

Donc non, Bat For Lashes sait tout faire et ce The Bride résolument tragique et théâtral en est témoin. Il sera peut-être difficile de le comparer à ses œuvres précédentes car toutes singulières mais il pourrait marquer un tournant dans la carrière de la Britannique. Un sacré disque conceptuel comme on en fait rarement de nos jours, ça ne serait pas de refus surtout lorsqu’elle arrive à être fascinante avec sa mélancolie assumée et sa réflexion sur l’amour perdu.

Note: 9/10

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