Childish Gambino – Awaken, My Love !

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Non, une chronique sur Awaken, My Love ! de Childish Gambino ici ? Vraiment ? Oui, vous n’hallucinez pas et pourtant tout est possible en 2016. Je pense qu’il n’est pas nécessaire de présenter notre Donald Glover vu que tout le monde le connaît. Rappeur, chanteur, acteur (d’ailleurs, je vous conseille de regarder sa très bonne série Atlanta diffusée cette année), il fait son retour dans la musique avec ce troisième opus qui a tout d’un classique en devenir.

On savait déjà que Childish Gambino avait un béguin pour la soul et le R&B et ça s’entendait sur son album précédent Because The Internet en 2013 où il montait dans les aigus sans souci. Mais sur ce nouvel opus, il opère à un changement drastique: fini le hip-hop et place maintenant à la soul, le R&B, le funk et le rock psychédélique. Même si il clame sur tous les toits que faire cet album n’a pas du tout été facile, Donald Glover remplit la tâche avec l’aide de son collaborateur fétiche Ludwig Göransson et convoquent les spectres de Prince sur le titre d’ouverture de 6 minutes « Me And Your Mama » où les notes de glockenspiel se font entendre avant qu’une chorale s’invite pour un cocktail funk explosif aux riffs de guitare fuzzy. Childish se déchire la voix comme le Purple One et c’est foutrement jouissif à l’entendre comme ça.

On se laissera emporter par les inspirations Funkadelic notamment avec ce groove totalement sensuel de « Have Some Love » avec sa conclusion plus country ou de « Boogieman » où on aurait juré que George Clinton himself soit passé par là. Ce n’est pas pour rien qu’il sample « Good To Your Earhole » du groupe sur le titre endiablé « Riot ». On y décèle aussi du Bootsy Collins sur l’impeccable « Redbone » faisant furieusement penser à son mythique « I’d Rather Be You » ou même du Jimi Hendrix sur la conclusion complètement folle et grandiloquente de « Stand Tall ». Et il y a même du D’Angelo sur le slow au clavinet « Baby Boy ». Voilà donc pour les influences régnant autour de Awaken, My Love ! Mais la grosse surprise vient tout simplement de la voix, ou plutôt du chant de Childish Gambino changeant de registre quand ça lui chante. Ainsi, sur « Redbone » et « Baby Boy », on aurait juré entendre Macy Gray mais non, il s’agit de notre principal hôte qui a décidé de chanter différemment sans pitch ni rien du tout. Enfin si, il a recours à l’Auto-Tune sur les sonorités calypso de « California » et sur la seconde partie de « Stand Tall ».

Mais l’essentiel est là, c’est que son troisième album est un hommage vibrant à la black music des années 1970. Awaken, My Love ! marquera à coup sûr cette fin d’année car Childish Gambino a su saisir chaque émotion, chaque ambiance, chaque détail pour en faire un disque d’exception. Tantôt explosif tantôt rêveur (comme sur l’instrumental « The Night Me & Your Mama Met » conviant Gary Clark Jr. pour un solo de guitare des plus jouissifs et une chorale gospel), le rappeur-chanteur-acteur a visé les cieux et désormais, on ne peut compter que sur lui à l’avenir.

Note: 10/10

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