Shamir – Hope / Revelations

Ah, qu’il nous a enjaillé Shamir en 2015. Auteur d’un des meilleurs albums disco-house de cette année avec Ratchet (chroniqué ici), le succès semblait lui réussir pour le natif de Las Vegas. Et bien pas tout à fait, à vrai dire. Le jeune homme s’est retrouvé sans maison de disques qu’était XL Recordings après une longue tournée et a connu une énorme crise existentielle qui l’aura plongé dans une crise psychotique et une dépression en raison de sa bipolarité. A deux doigts de lâcher la musique, il fait quand même un petit retour cette année avec un nouvel opus intitulé Hope sorti sans label.

Fini donc la house des années 1990, la disco-pop loufoque et fluo de Ratchet, Shamir s’est définitivement assagi. A travers ce nouveau disque, il se met à nu et sort les guitares électriques et autres équipements DIY/lo-fi en lorgnant vers l’indie rock de deux décennies plus tôt. Se rapprochant plus de Kim Deal que de Donna Summer, le bonhomme à la voix androgyne surprend quelque peu avec son nouveau style lo-fi avec des titres de vigueur comme « What Else », « Ignore Everything » ainsi que « Like A Bird ».

On appréciera ce changement de style mais seulement voilà, la plupart des titres sont quelque peu bancals et ce ne sont pas des trop ordinaires « One More Time Won’t Kill You » et autres « I Fucking Hate You » où il tentera de hausser le ton avec son falsetto rageur qui vont réellement sauver la mise même si on appréciera plus la ballade de fin qu’est le plus bouleversant « Bleed It Out ». Hope est une reconversion musicale à 100 % avec une satisfaction client tournée à 60 %. Ah, tiens on me signale dans l’oreillette que ce n’est pas tout à fait fini.

Note: 6/10

 

Après donc son second opus sorti en camini au printemps dernier, Shamir a fait les yeux doux auprès du label underground Father/Daughter Records qui est plutôt spécialiste dans la matière. Dès lors, le natif de Las Vegas avance visage masqué (aucun rapport avec la pochette) et sort son troisième disque intitulé Revelations.

Continuant sa mue envers l’indie rock lo-fi DIY des années 1990, l’excentrique bonhomme continue de cicatriser ses plaies tant qu’il peut avec des morceaux bedroom-pop bien révélateurs sur sa personnalité comme « Games » avec son atmosphère à la Tori Amos et « You Have A Song » sans oublier les sonorités grungy « 90’s Kids » et l’énergique « Blooming ».

Tandis que la voix androgyne fait toujours son effet et est riche en émotions tout comme ses textes à double sens, il manque un petit truc qui fait la différence. A cause de son côté trop linéaire et son réel manque de prise de risques, on est face à des morceaux qui laissent un peu à désirer comme « Cloudy » et le dernier morceau qui est « Straight Boy » qui méritait plus. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé pour autant pour Shamir et pourtant, des actes comme Jay Som et Vagabon (les meilleures révélations indie de cette année) ont pourtant réussi de ce côté, on appréciera cependant cette volonté de changer de style afin d’ouvrir son jardin secret comme il se doit. Pour le moment, on reste sur notre faim et on garde un visage impassible.

Note: 6/10

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