Interpol – Marauder

Qu’on le veuille ou non, l’arrivée d’un nouvel album d’Interpol est toujours considéré comme un événement majeur dans l’indiesphère américain. Alors qu’on les croyait à perte de vitesse effrayante, le désormais trio new-yorkais nous a pris de court avec leur cinquième album intitulé El Pintor il y a quatre ans de cela maintenant. Paul Banks, Daniel Kessler et Sam Forgarino retroussent leurs manches et reviennent avec leur nouvel opus intitulé Marauder.

Il faut se rendre à l’évidence qu’Interpol ne sortira plus d’album possédant le même impact que Turn On The Bright Lights ou à la limite Antics. Mais le fait de voir les trois new-yorkais posséder toujours autant de hargne fait toujours plaisir à entendre notamment sur Marauder produit par le fidèle Dave Fridmann. Il n’y a qu’à juger la robustesse des compositions que sont la triptyque « The Rover », « Complications » et « Flight of Fancy » pour être convaincu du résultat final.

On est vraiment à mille lieues du côté lisse d’El Pintor ici. Interpol a vraiment privilégié l’urgence et l’énergie live pour Marauder et c’est ainsi que la patte de Dave Fridmann fait son effet en diminuant le son de la basse au profit des martèlements de batterie de Sam Fogarino et des riffs hurlants mais mélodiues de Daniel Kessler notamment sur le dansant « Mountain Child » et le plutôt incroyable « Number 10 ». Paul Banks, de son côté, tire son épingle du jeu en nous étonnant avec son falsetto sur l’introduction faussement dreamy mais sacrément entêtant sur « If You Really Love Nothing » tandis que sa plume se fait moins abstraite et cherche à se dévoiler sous un grand jour comme sur les influences de The National de « NYSMAW » avec un clin-d’œil à Prince.

S’achevant de façon intense avec « Party’s Over » et « It Probably Matters » où une fois Paul Banks impressionne, Interpol continue d’entamer sa douce renaissance avec Marauder. Certains seront rebutés par le mixage un peu trop brut et brouillon de Dave Fridmann mais on est plutôt réjoui du retour bien rock et bien flamboyant du trio new-yorkais qui a retrouvé sa hargne d’antan pour de bon.

Note: 8/10