Bethlehem Steel – Bethlehem Steel

Il y a plus d’un an de cela, nous avons fait la connaissance d’un groupe émergent qui nous vient tout droit de Brooklyn répondant au nom de Bethlehem Steel ainsi que leur troisième album nommé Party Naked Forever (chroniqué ici). Le groupe est mené par Rebecca Ryskalczyk au chant et à la guitare est du genre à dresser le panneau d’alerte à coup de compositions féroces. Leur quatrième album plongera dans cette même optique.

À travers ces dix nouvelles pièces, le groupe de Brooklyn continue à perpétrer le chaos qui les entoure et le fait avec distinction. Il suffit d’entendre le titre d’ouverture nommé « Sponge » pour prouver que Bethlehem Steel n’a rien perdu de sa verve avec sa montée en puissance nous prenant aux tripes tandis que Rebecca Ryskalcyzk arrive à jouer avec nos émotions. On peut en dire autant pour d’autres titres beaucoup plus directs avec « Govt Cheese » et « Empty Room ».

Il peut y arriver que de moments incongrus peuvent survenir quand on s’y attend le moins. Je pense notamment à l’arrivée d’un violoncelle sur « Couches » qui comprend un crescendo démentiel tandis que la chanteuse et guitariste ne mâche pas ses mots (« I can’t wait for those who wait for you to die ») ou d’un saxophone sur « Bad Girl » qui condamne la toxicité masculine. La véritable force de cet opus restera Rebecca Ryskalczyk qui joue le rôle de chef-d’orchestre menant le groupe là où elle veut mener. On citera la pièce maîtresse « Not Lotion » où elle chante calmement « Every feeling is valid, express what you need to ». À partir de là, les instrumentations se font de plus en plus denses et lorsqu’elle hurle « FUCK ! », le quatuor s’en donne à cœur joie pour nous plonger dans le chaos le plus noir.

On citera d’autres moments de bravoure comme « Read The Room » et « Four Aliens » qui montrent un sacré potentiel de la part de Bethlehem Steel. La conclusion des plus noires la bien-nommée « New Dark » où elle imagine retrouver son abuseur sur sa route (« We’re all so proud you’ve been working on yourself / At least that’s what you told me / But you can’t erase violation »). Avec ce nouvel album, le quatuor de Brooklyn arrive à coucher sur papier et en musique leurs préoccupations les plus sombres pour en faire un incroyable tour de force.

Note: 8.5/10