The Free Nationals – The Free Nationals

À ce stade, il n’y a plus besoin de présenter Anderson .Paak. Le soulman d’Oxnard à la voix spéciale dont tout le monde s’arrache dans le monde du hip-hop est devenu une star à part entière. Il y a peu de temps, j’avais touché deux mots sur le fait que le chanteur et batteur est accompagné d’un live band nommé The Free Nationals. Et bien, le groupe en question présente leur premier album sans leur leader.

Il était temps pour Breezy Lovejoy de présenter son groupe sous un nouveau jour. Et pour ce faire, The Free Nationals poursuit le même chemin de leur leader musicalement en lorgnant vers des contrées neo-soul, jazz, hip-hop et funk. En gros, une bonne dose de groove nous attend avec des titres si chaloupés et onctueux comme la succulente introduction nommée « Obituaries » conviant Shafiq Husayn mais également « On Sight » mettant en valeur le rappeur J.I.D. et la talentueuse Kadhja Bonet avec deux univers qui s’opposent et le très soulful « Shibuya » avec la toujours aussi douée Syd de The Internet.

Ce qu’on apprécie également chez The Free Nationals, c’est également cette incroyable diversité au niveau de leur carnet d’adresses. Alors certes, on retrouve leur boss sur le morceau entraînant « Gidget » mais on trouve des guests détonnants comme le chanteur R&B Daniel Caesar qui partage la scène avec Unknown Mortal Orchestra sur « Beauty & Essex » tout comme cette splendide collaboration avec Kali Uchis et le regretté Mac Miller sur l’ensoleillé « Time » (ça fait toujours des frissons d’entendre sa voix).

En bref, des invités de tous horizons des moins connus comme Benny Sings sur « Apartment » aux plus connus comme « monsieur-je-vais-voir-la-gynéco-pour-checker-l’hymen-de-ma-fille-pour-m’assurer-qu’elle-est-encore-vierge » T.I. sur le glorieux « Cut Me A Break ». Ce premier album s’achève sur un somptueux « The Rivington » conviant les rappeurs qui font sensation dans l’underground Conway et son grand frère Westside Gunn (amputé de ses ad-libs: « Brrrrrrr », « Skuuuuuurt » ou des « POPOPOPOPOPOPOPOPOPOOOM ») et qui parlent de street life et de hood tales bien crades sur des instrumentations baroques et cinématographiques même si il manque le talentueux Benny The Butcher à l’appel. Voyez le contraste ? Et pourtant, ça marche. C’est la magie de The Free Nationals et Anderson .Paak peut se vanter de les mettre en avant.

Note: 8/10