Matthew E. White & Lonnie Holley – Broken Mirror: A Selfie Reflection

Peu d’entre nous ont tendance à le souligner mais Lonnie Holley restera un des actes les plus marquants de la scène américaine depuis plusieurs décennies. Surnommé The Sand Man, l’artiste d’Alabama né sous l’ère Jim Crow a laissé sa marque aussi bien dans la musique que la sculpture. Cette année, son art se poursuit en collaborant avec Matthew E. White qui est le CEO de Spacebomb Records pour un disque collaboratif du nom de Broken Mirror: A Selfie Reflection.

Cette union peut sembler incongrue jusqu’à ce que l’entrée en matière nommée « This Here Jungle of Moderness » où la voix si émouvante de Lonnie Holley arrive à se fendre dans le décor avec ces arrangements 70’s si chaleureux mais un brin angoissants que concoctent Matthew E. White. Le tandem ira puiser son inspiration du côté de Miles Davis pendant les années 1970 tant quelques échos se font ressentir avec également le morceau-titre qui suit et qui s’étend sur dix minutes tout en mettant en scène avec sa prose poétique un individu obnubilé par son téléphone portable à longueur de journée et « I Cried Space Dust ».

Lonnie Holley poursuit son épopée vertigineuse avec également « I’m Not Tripping » contenant une ligne synthétique qui débute de façon mélodique mais qui bout au fur et à mesure avant de devenir menaçante et perturbante tandis que notre hôte incite l’auditeur à prendre confiance en soi. Broken Mirror: A Selfie Reflection s’achève avec un « Get Up! Come Walk With Me » qui prend des allures d’exorcisme où l’on s’abstrait de cette vie superficielle montrée par les technologies modernes afin de goûter au véritable sens de la vie qui s’inscrit dans sa parfaite philosophie. Matthew E. White, quant à lui, réalise un travail pour le moins ambitieux en habillant en musique les textes si éloquents et philosophiques de l’artiste d’Alabama qui s’affiche en tant que donneur d’espoir des temps modernes.

Note: 8/10