Kurt Vile – (watch my moves)

Le printemps est marqué également par le grand retour de Kurt Vile. Le héro des temps modernes de Philadelphie n’a pas donné signe de vie depuis son dernier album Bottle It Up pour le moins longuet mais attachant (chroniqué ici). Donc forcément, son retour s’est longuement fait attendre et il le concrétise avec son successeur nommé (watch my moves).

Ici, Kurt Vile continue ses errances si fascinantes en musique. Avec (watch my moves), on fait de nouveau connaissance avec ses influences folk-rock qui prendront peu à peu une dimension spirituelle car le natif de Philadelphie jette un regard plus contemplatif sur sa vie qui fut complètement chamboulée à cause de la pandémie. Et très vite, on plonge dans ses pensées à travers des morceaux somptueux tels que l’introduction désinvolte au piano qu’est « Goin’ On A Plane Today » déballant son quotidien et ses errances diverses et variées ou bien encore sur le plus métronomique « Flyin Like A Fast Train » et la superbe « Like Exploding Stones » rappelant le Beck de la période Mellow Gold.

Pour appuyer cette introspection si touchante, Kurt Vile est toujours aussi bien entouré. On retrouve ainsi Cate Le Bon aux chœurs et au piano sur le rafraîchissant « Jesus On The Wire » aux airs du regretté Tom Petty mais encore le groupe Chastity Belt qui impose sa patte sur « Chazzy Don’t Mind ». Pour le reste, le guitar hero flegmatique de Philadelphie continue de s’ouvrir à travers des compositions plus méthodiques que jamais avec entre autres « Mount Airy Hill (Way Gone) », « Hey Like A Child » et « Cool Water ». On y verra les fantômes du passé, que ce soit le Philadelphie d’antan, les relations qui se détériorent, Neil Young, Bruce Springsteen mais encore la disparition de son mentor John Prine emporté par le COVID-19 tout au long de ce (watch my moves) qui se poursuit avec « Wages Of Sin » et la conclusion glorieuse qu’est « Stuffed Leopard ».

Même si il n’atteindra pas les standards de ses chefs-d’œuvre précédents, (watch my moves) reste un périple introspectif des plus attachants et ce malgré sa longueur et ces quelques moments d’errance. Kurt Vile continue de nous toucher avec son savoir-faire et sa flegme légendaire qui sont devenus sa marque de fabrique avec le temps et qui lui permet d’avancer comme bon lui semble.

Note: 8/10