
On poursuit notre saga des come-backs totalement inattendus de cet été avec Nina Nastasia. Il est clair que l’on n’a plus entendu ce nom depuis plus d’une décennie et c’est dire qu’on s’était inquiétés de cette longue absence. Douze ans après son dernier album, la musicienne new-yorkaise fera taire cette absence avec l’arrivée de son nouvel album nommé Riderless Horse.
Ce disque est l’occasion pour Nina Nastasia de raconter ce long silence radio. Un silence troublant et traumatisant qu’elle saura raconter sous fond d’abus psychologique qu’elle a subi de son partenaire de longue date Kennan Gudjonsson qui avait produit tous ses disques jusqu’à présent. Après avoir subi toutes formes de violence sous son emprise, elle a pris son courage à deux mains et a décidé de le quitter en janvier 2020. Sauf que le jour suivant, Kennan Gudjonsson a mis fin à ses jours. Serait-ce une ultime acte d’intimidation ou de culpabilité ? Difficile à savoir mais toujours est-il que la musicienne new-yorkaise a décidé de se remettre à la musique et d’entamer une longue mais nécessaire thérapie musicale avec ces ballades indie folk épurées et minimalistes qui habillent ce Riderless Horse des plus touchants (avec la patte de Steve Albini aux manettes bien entendu).
Après s’être servi un verre d’eau, on est partis pour entendre les confessions douloureuses de Nina Nastasia qui est armée de sa guitare acoustique et de sa voix marquée par ses violences qu’elle a subi. De « Just Stay In Bed » à « Trust » en passant par les bouleversants « You Were So Mad », « This Is Love » et autres « Ask Me », les ballades guitare/voix prendront une dimension thérapeutique et solennelle où notre hôtesse raconte ses rares moments de bonheur entrecoupés de scènes de violence sous toutes ses formes de son ancien partenaire. Les textes sont bruts de décoffrage et auront de quoi nous secouer avec « Ask Me » sans oublier « The Two Of Us » et « Go Away ». Elle ne fait pas comme Pauline Bisou, c’est-à-dire de la façon la plus sucrée qui soit, elle emploiera des termes durs et crus pour raconter ce calvaire qui aura duré 25 ans mais on sent qu’elle souhaite reprendre sa vie en main avec « The Roundabout » et « Trust ». S’achevant sur un bruit de vagues comme si elle contemplait le calme et l’évasion qu’elle attendait tant dans sa vie, ce Riderless Horse nous laisse bouche bée tant les séquelles psychologiques sont vivaces et viendront parler à celles et ceux qui sortent ou sont dans des relations toxiques et destructrices.
Note: 8.5/10
