Poppy Fusée – Better Place

Souvenez-vous lorsque nous avions pris une bonne dose de douceur en compagnie de Poppy Fusée ainsi que de son somptueux premier EP du nom de La Lune (chroniqué ici). L’ancienne moitié de Part-Time Friends a réussi sa reconversion musicale à travers des mélodies rêveuses mettant du baume au coeur et lui ayant permis une incroyable reconnaissance envers le public. L’heure est venue pour elle de passer au stade de la confirmation avec son premier long-format intitulé Better Place.

Le ton est donné dès les premières notes de « It’s Over » où notre protagoniste est en quête existentielle. Tout se termine pour elle et l’heure est venue de faire table rase du passé pour aller de l’avant mais avec une once d’optimisme ceci dit (« I’m doing great now, it’s over/Another weight off my shoulders, it’s over, I’m over you », chante-t-elle) avant de s’interroger sur elle-même. Poppy Fusée met en avant ses doutes, ses désillusions et ses rêves face à un monde qu’elle ne comprend pas toujours mais qu’elle apprivoise sur les ritournelles oniriques et quelque peu claires-obscures de « Empty » et « Insomnia Party » quitte à ce que son mental y passe.

Tour à tour méditatif comme sur l’intermède qu’est « Be Like Water » (avec l’intervention plus que remarquée de la toujours aussi magnifique November Ultra) inspiré du mantra de Bruce Lee ou plus émouvant sur « In Between » et « Back From Hell » où les remises en question demeurent et la rongent (« I put all my emotions into songs that no one listens to », chante-t-elle en ouverture), Poppy Fusée réussit à nous toucher au profond grâce à sa plume introspective hyper détaillée qui rend son storytelling plus vrai que nature. A travers des compositions flottantes et éthérées, elle chasse les vilains nuages qui l’entourent de la manière la plus élégante où elle, par sa voix gentiment susurrée, met en avant son envie de s’améliorer pour appréhender le monde extérieur et son entourage avec « For Better And For Worse » (« I don’t mind if we don’t get married/I don’t mind if we never have kids/I do love you », chante-t-elle). Au fur et à mesure, elle fait rentrer les éclaircies et jette un regard de plus en plus lucide à travers ce Better Place tutoyant les sommets avec « Pesanteur » avant de dire adieu à ses démons qui l’ont longtemps tourmenté sur les épurés « Goodbye » et « It’s Over ».

Beaucoup d’entre nous seront tentés de faire la comparaison entre Poppy Fusée et November Ultra. Une chose est sûre, c’est que ce sont d’incroyables interprètes et de parolières qui se livrent sans pudeur à travers des compositions rêveuses et un brin mélancoliques. Le style de November Ultra est plus théâtral tandis que celui de Poppy Fusée est plus intimiste et contemplatif mais on ne peut qu’imaginer une véritable collaboration entre nos deux artistes préférées qui mettront du baume au coeur à tout mélomane qui se respecte. Je referme la parenthèse tout en disant que Better Place est un sublime accomplissement artistique de la part d’une musicienne qui a traversé multiples épreuves afin de puiser dans son soi intérieur pour offrir une œuvre touchante et nostalgique.

Note: 8/10