Torres – What An Enormous Room

Mackenzie Scott a la gnaque depuis plus d’une décennie. La musicienne new-yorkaise qui officie sous le pseudonyme Torres possède une discographie indéniable attestant de sa progression hors normes. Deux années et demi après son dernier chef-d’œuvre nommé Thirstier des plus marquants (chroniqué ici), elle vise de plus en plus large avec What An Enormous Room.

Pour ce sixième album, Torres compte dépasser les limites de sa créativité. En compagnie de l’autrice-compositrice-interprète Sarah Jaffe aux manettes, elle opte pour un son beaucoup plus spacieux et plus arty comme l’atteste le titre d’ouverture nommé « Happy Man’s Shoes » à la limite du glitch où son interprétation se fait plus mécanique avec ces claviers glaciaux avant de prendre de la hauteur avec « Life As We Don’t Know It » remettant les guitares au premier plan et « I Got The Fear » où elle fait face à ses propres peurs, ses propres angoisses et son anxiété afin de mieux les dompter.

Plus ambitieuse et plus expérimentale que jamais, Torres montre cependant une certaine confidence qui fait frémir. Que ce soit sur des guitares grinçantes de « Wake To Flowers » qui hérissent les poils attestant sa résilience ou bien également des intimidants « Collect » et « Jerk Into Joy » où son phrasé rappelle étrangement celui de « This Is A Photograph » de Kevin Morby, What An Enormous Room est l’occasion pour la musicienne d’appréhender des espaces plus élargies. Du début à la fin avec entre autres « Forever Home » et la conclusion dépouillée nommée « Songbird Forever » aux airs de berceuse qui prend de plus en plus d’ampleur avec son interprétation se faisant de plus en plus fantomatique et hypnotique, Mackenzie Scott réussit à se renouveler grâce à ses influences plus arty lui permettant de se faire une place confortable dans cet énorme salle qu’est la scène indie américaine.

Note: 8.5/10