Shabaka – Perceive Its Beauty, Acknowledge Its Grace

Quel est le point commun entre The Comet Is Coming, Sons of Kemet et Melt Yourself Down ? Cela se tient en un mot ou voire même un nom: Shabaka. L’artiste de jazz londonien, plus connu sous Shabaka Hutchings, est devenu une des fers de lance en matière de jazz britannique que son apport est devenu incontournable. L’heure est venue pour lui de se lancer enfin en solo avec l’arrivée de son premier album tant attendu du nom de Perceive Its Beauty, Acknowledge Its Grace.

Les premières notes de « End Of Innocence » ont de quoi planter le décor magistralement. Optant pour une ambiance plus contemplative, Shabaka creuse le sillon à travers des influences entre spiritual jazz et new-age, un peu comme si il marchait sur les pas des légendaires et regrettés Pharoah Sanders ou Alice Coltrane avec des compositions méditatives et solennelles qui prendront de l’ampleur sur « As The Planets And The Stars Collapse » et « The Wounded Need To Be Replenished » aux arrangements luxuriants.

Bien entendu, Perceive Its Beauty, Acknowledge Its Grace reluit de plus belle non seulement avec le talent protéiforme de Shabaka mais également des invités qui l’entourent. Les chanteurs comme Moses Sumney qui intervient sur le divin « Insecurities » (en compagnie du harpiste Charles Overton) ou encore Lianne La Havas qui resplendit sur « Kiss Me Before I Forget » et Eska sur « Living » (accompagné des cordes signés l’insaisissable Miguel Atwood-Ferguson) harmonisent avec brio avec les instrumentations brillantes (saxophone, flûte, etc…) de l’artiste londonien. A l’inverse, on retrouve des poètes à l’image de Saul Williams qui apporte sa prose acerbe sur « Managing My Breath, What Fear Had Become » ou Anum Iyampo (père de Shabaka) le temps d’une conclusion tendre du nom de « Song Of The Motherland » tandis que le rappeur ELUCID, moitié des lugubres Armand Hammer, injecte sa verve sur l’hypnotique « Body To Inhabit ». Mentionnons également la pièce maîtresse nommée « I’ll Do Whatever I Want » en compagnie de Laaraji, Floating Points et du rappeur flûtiste André 3000 à la fois psychédélique et labyrinthique attestant de l’incroyable alchimie.

Vous l’avez compris, Perceive Its Beauty, Acknowledge Its Grace est une incroyable toile musicale qui étonne par son lot de mystères. Shabaka défie les lois de la gravité où la frontière entre spiritual jazz et new age est mince afin d’en ressortir de la beauté et une contemplation hors normes.

Note: 8.5/10