Dog Park – Festina Lente

Souvenez-vous lorsqu’en juin dernier, Special Friend était au sommet de leur art avec leur troisième album nommé Wait Until The Flames Come Rushing In (chroniqué ici). Le duo franco-américain composé de Guillaume Siracusa (chant, guitare) et d’Erica Ashleson (chant, batterie) avait petit à petit élargi ses horizons tout en restant fidèles à leurs origines indie rock digne des années 1990 où les spectres de Yo La Tengo et de Beat Happening planaient tout au long. Pour les aficionados d’entre nous, sachez qu’Erica Ashleson possède également une autre formation encore plus prometteuse, à savoir Dog Park. Le quatuor qui avait enchanté le public (Inrocks Festival, Ricard S.A. Live Music…) était attendu au tournant et ils ne déçoivent que rarement avec la parution de leur premier album tant attendu du nom de Festina Lente.

On retrouve ainsi une américaine (Erica Ashleson), deux parisiens (Sarah Pitet du groupe Fiasco, Jean Duffour alias Uneima) et une brésilienne (Isabella G. Catani alias Green Catani) se partageant à tour de rôle le chant, les guitares, la basse, les claviers et la batterie pour ce périple musical qui s’annonce hors normes. Baignant entre dream-pop twee et indie rock digne des années 1990, la musique de Dog Park séduit d’emblée dès le départ avec « Sunny Decadence » divinement lo-fi. On réussit également à distinguer l’interprétation somptueuse d’Erica et celle plus grave et rocailleuse de Sarah ou encore un brin jazzy et exotique d’Isabella notamment lors des écoutes des magnifiques « Time » et « Lalala » aussi bien mélancoliques qu’oniriques.

Festina Lente réussit à jouer avec nos émotions à bon escient. On y décèle un aspect à mi-chemin entre comédie musicale et twee pop sur l’excellent « Stimulation » comptant l’unique intervention de Jean Duffour afin d’apporter une légèreté à l’interprétation de Sarah Pitet. Dog Park marche sur les pas de Sarah Records mais également de Veronica Falls et d’Electrelane notamment lors des écoutes des voluptueuses compositions à l’image de « Goldfish » ainsi que de « Trial and Error » et « Kaleidoscope » mettant merveilleusement en valeur les différentes interprétations et leurs tonalités qui nous enivreront comme jamais. Les guitares jangly ainsi que les claviers discrets suffisent pour nous transporter au lointain sur des morceaux faussement naïfs comme « Head In The Clouds » et « Mirror » en guise de conclusion fantastique.

Vous l’avez compris, ce premier album de Dog Park est une merveille, une incroyable réussite indie rock. On pourra compter sur l’incroyable alchimie que partagent les quatre musiciens en harmonisant aussi bien les influences respectives que les mélodies sucrées et douces-amères que l’on repassera en boucle. Un travail d’orfèvre, à coup sûr.

Note: 9/10

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