Emiliana Torrini – Miss Flower

L’année dernière, Emiliana Torrini avait officiellement rompu sa décennie d’absence avec son album collaboratif avec The Colorist Orchestra qui se nommait Racing The Storm (chroniqué ici). La légendaire musicienne islandaise avait prouvé qu’elle n’avait rien perdu de sa magnificence même lorsqu’elle s’aventure vers une pop baroque et orchestrale. Et bien, elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin car elle signe son véritable retour discographique avec Miss Flower faisant suite à son désormais culte Tookah paru onze ans plus tôt.

Pour ce nouvel essai discographique, Emiliana Torrini ira rendre hommage à la mère de son amie Zoé, à savoir Geraldine Flower. En ayant trouvé des lettres, des journaux et de photos de sa part, elle marche sur ses pas en défiant les normes de notre société actuelle grâce à cet esprit libre et enchanteur que représentait cette fameuse Miss Flower. C’est à travers ces dix titres brouillant les pistes entre trip-hop, indie pop et pop-folk que la musicienne islandaise nous invite dans la fabuleuse histoire de cette protagoniste dès le départ avec « Black Water » des plus poétiques et des plus méditatives où elle alterne le chant et le spoken-word de la plus belle des manières tout comme le légèrement plus rythmé « Lady K » aux synthés minimalistes contrastant avec le plus inquiétant « Waterhole » aux faux airs de Björk mais avec une certaine dose de sensualité en prime.

Une chose est sûre, c’est que Miss Flower est notable pour sa profondeur et sa douceur dont on a besoin, surtout en ces temps troubles. On pourra compter sur la poésie et l’interprétation toujours aussi infaillible d’Emiliana Torrini qui offre de nouvelles perspectives allant de la douceur et la fragilité (« Dreamers », « Love Poem ») à la sensualité (« Miss Flower »). Tantôt contemplatif sur « Golden Thread » ayant de quoi rappeler la grâce d’Eerie Wanda tantôt dansant avec le bien-nommé « Let’s Keep Dancing » qui représente parfaitement la trame narrative de l’histoire de Geraldine Flower ainsi que de sa rencontre avec Harold Prieto qui intervient sur ce morceau divin et rythmé. Une preuve que le fabuleux récit qui s’achève sur une conclusion instrumentale au piano des plus vaporeuses du nom de « A Dream Through The Floorboards » nous rappelle à quel point Emiliana Torrini n’a pas perdu de sa superbe. Un sublime disque doux-amer qui viendra mettre du baume au coeur en cette période trouble.

Note: 8.5/10