Loma – How Will I Live Without A Body ?

En l’espace de deux albums, Loma a réussi à se faire une place confortable sur la scène art-rock américaine. Le supertrio composé des membres de Shearwater et de Cross Record avait frappé fort avec leur second album nommé Don’t Shy Away (chroniqué ici) leur ayant permis de solidifier leur statut. Il aura fallu attendre quatre années de silence radio pour que le groupe texan puisse frapper de nouveau fort avec leur successeur nommé How Will I Live Without A Body ?

Jonathan Meiburg, Emily Cross et Dan Duszynski retroussent leurs manches et nous emmènent dans un périple absolument mystique qui est devenu leur marque de fabrique. S’ouvrant sur un « Please, Come In » des plus entraînants et des tendus avec ces martèlements de batterie haletantes tandis que l’interprétation spectrale d’Emily Cross se fond sous chants d’oiseaux, How Will I Love Without A Body se promet d’être une expérience musicale hors du commun avec également les arrangements plus délicats de « Arrhythmia » frôlant de très près les couleurs sud-américaines et de « Unbraiding » beaucoup plus dramatiques qui suivent. De quoi nous souhaiter la bienvenue avec cette fusion musicale entre free-jazz, post-rock et ambient-folk brouillant intelligemment les pistes.

How Will I Live Without A Body est tout d’abord question de collaboration, de deuil et de communion essentielle face à l’adversité. Loma saura nous envoûter avec ces collaborations à la fois étranges et réconfortantes où les spectres de Shearwater, Low et de Portishead se confondent notamment lors des écoutes des ambiances cotonneuses de « I Swallowed A Stone » et de « How It Starts » avec cette valse au piano réconfortante. Le supertrio texan saura maîtriser cette tension inquiétante de bout en bout mais règne étrangement un parfum d’apaisement qui se dessine au fur et à mesure sur « A Steady Mind » et « Pink Sky » où surgit cette idée de détruire pour mieux se reconstruire afin de briller sur les sublimes pièces maîtresses que sont le tentaculaire « Broken Doorbell » ainsi que le charmant « Affinity » que n’aurait renié une certaine Aldous Harding.

Après une conclusion des plus bucoliques du nom de « Turnaround », nul ne pourra nier que cette expérience musicale que nous offre Loma est l’une des plus fascinantes à ce jour. How Will I Live Without A Body ? permettra non seulement de mesurer les ambitions musicales du supertrio texan mais également de jouer avec plusieurs contrastes allant de l’éthéré au charnel en passant par l’organique et l’inquiétant sans jamais dénaturer son œuvre.

Note: 8.5/10