Muddy Monk – Bingo Paradis

La dernière fois que nous avions eu des nouvelles de la part de Muddy Monk, ça n’allait pas fort. On l’avait laissé avec un Ultra Dramatic Kid beaucoup plus sombre, plus rêche et plus viscéral il y a deux années de cela (chroniqué ici). Le roi de la ride nocturne était passé du côté obscur pour exorciser ses démons intérieurs. Mais après être passé chez le pape de la motel music, à savoir Jimmy Whoo en novembre dernier (chroniqué ici), tout nous laisse à penser que le musicien suisse ait retrouvé la lumière avec son successeur qui s’intitule Bingo Paradis.

On retrouve ainsi sa synthpop rêveuse qui se fait plus romantique et plus sincère que jamais, comme l’atteste l’attachante introduction nommée « Chaki Queen ». Laissant définitivement les distorsions et autres reverbs qui ont longtemps baigné Ultra Dramatic Kid, Muddy Monk revient à ses premiers amours lo-fi sur Bingo Paradis résolument contemplatif avec également « Lili Pacino » et le plus suave « Arpailles » en ligne de mire tandis que notre protagoniste de Fribourg se dévoile sans pudeur sur les sentiments amoureux ou sa propre version de l’amour comme l’a pu faire Disiz avant lui.

Oui, je sais que la comparaison va faire couler pas mal d’encre mais essayez de lire. J’y vois un parallèle entre Disiz et Muddy Monk entre ces projets. Le rappeur d’Évry a parlé de sa facette monstrueuse, sa dépression et ses névroses sur son album précédent Disizilla avant de revenir quelques années plus tard avec L’Amour qui a connu un énorme succès. On peut facilement voir un lien à l’écoute de ce Bingo Paradis plus libéré avec des morceaux sentant bon l’été comme « Toujours t’avoir » et « Fake Friends » tandis que notre protagoniste est toujours bien entouré avec le talentueux claviériste Paul Prier ainsi que le producteur Prinzly (qui a énormément collaboré avec Disiz, drôle de coïncidence) sans oublier Giorgio Poi sur l’ensoleillé « Tic Tac ». Quoi qu’il en soit, Bingo Paradis affiche un visage absolument radieux de son auteur notamment avec l’épuré « En Tandem » que l’on repassera en boucle.

Mine de rien, Bingo Paradis permettra à Muddy Monk de revenir aux sources tout en évitant le piège de la redite. Avec l’amour comme source d’inspiration, le roi de la ride suisse parvient à trouver la lumière et infuse des vibes à la fois lo-fi et ensoleillées en affichant son côté sentimental et romantique qui fait fureur comme Disiz. Si vous souhaitez un coin de paradis en musique en cet automne, vous savez sur quel disque se ruer.

Note: 8/10