
Suite à la reformation de Pavement sur scène grâce à leur désormais cultissime tube TikTok qu’est « Harness Your Hopes » en 2022, tout semble sourire à Stephen Malkmus. Le légendaire groupe américain a désormais tous les projecteurs sur eux et cela fait toujours autant plaisir de voir une des formations les plus influentes de tous les temps mis en avant comme il se doit, à un tel point qu’une sorte de biopic leur est dédiée. Mais ne vous attendez pas à un sixième album de Pavement, non non. Stephen Malkmus a d’autres plans, voire un nouveau groupe qui se nomme The Hard Quartet.
Ici, il ne convoque aucun membre de Pavement et aucun membre de The Jicks pour cette nouvelle aventure. On retrouve ainsi d’autres pointures que sont Emmett Kelly qu’on a aperçu aux côtés de Bonnie « Prince » Billy ainsi que Matt Sweeney de Chavez et Jim White de Dirty Three pour un casting 100% indie rock et 100% alléchant. Après avoir teasé cet événement sur les réseaux sociaux à coup de titres et d’annonces de concerts, ils présentent leur premier album montrant une alchimie absolument indéniable. On retrouve ainsi tous les influences de chaque membre parfaitement distillées sur ces quinze morceaux absolument éclatants démarrant avec le riff fuzzy réjouissant de « Chrome Mess » annonçant la couleur.
The Hard Quartet viendra ainsi convoquer le flegme légendaire de Stephen Malkmus qui brille toujours autant sur « Earth Hater » ayant de quoi rappeler l’ambiance de Sparkle Hard comme sur le survolté « Renegade » ayant des airs de Wowee Zowee et autres « Heel Highway » nous plongeant à l’époque du premier album solo de notre héro slacker préféré. Mais l’aspect inédit dans ce projet est la contribution de chaque membre qui brille chacun de leur côté, à commencer par Emmett Kelly qui offre deux splendides compositions à savoir « Our Hometown Boy » aux doux airs de Byrds ainsi que les accents blues désertiques de « North Of The Border » ainsi que Matt Sweeney qui sort du lot avec les somptueux et harmonieux « Rio’s Song » ainsi que « It Suits You » sans oublier la rustique « Jacked Existence » rappelant quelque peu Velvet Underground et « Killed By Death ». Jim White signe également l’excellent « Action For The Military Boys » où les inflections vocales du tandem Malkmus/White sont réjouissantes mais cela n’empêche pas pour The Hard Quartet d’éblouir par leur alchimie indéniable avec les choeurs doo-wop de « Thug Dynasty ».
Après un « Gripping The Riptide » absolument raffiné, The Hard Quartet signe un excellent premier album riche en sonorités et en sensations fortes. Lorsque Stephen Malkmus laisse libre cours aux collaborations et à la solidarité, c’est là qu’il brille le mieux tout comme ses compères qui débordent de créativité à travers ces quinze titres absolument créatifs qui nous feraient presque oublier Pavement, Silver Jews et autres The Jicks. Et j’insiste sur le presque, bien sûr.
Note: 8.5/10
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