Songhoy Blues – Héritage

On se souviendra longtemps de l’impact de Songhoy Blues sur la scène musicale actuelle. On les avait laissé en pleine forme avec son précédent album nommé Optimisme en 2020 (chroniqué ici) qui leur a permis d’asseoir un peu plus leur stature avec des compositions dépaysantes et enflammées. Mais de l’eau a coulé sous les ponts et le groupe malien n’aura pas fini de nous ensorceler avec l’arrivée de leur successeur tant attendu du nom de Héritage.

Et il faut dire que Songhoy Blues a vécu énormément de bouleversements ces dernières années. En effet, la plupart des membres du groupe a quitté la région de Tombouctou pour s’installer dans la capitale en exil. Et forcément, ce changement est plus que palpable lors des écoutes de Héritage où le groupe malien débranche les guitares électriques pour nous offrir onze titres beaucoup plus acoustiques dont « Toukambela » en guise d’introduction qui plante le décor sans mettre au placard le kora et le balafon bien évidemment. D’ailleurs, vous savez qu’il s’agit d’une reprise d’un morceau interprété par l’Orchestre Kanaga de Mopti ? Voilà pour l’anecdote. Mais toujours est-il que leur blues touareg se fait plus acoustique et plus épuré mais n’a rien perdu de son mordant notamment lors des écoutes de « Gambary » aux allures songhaï qui suit mais également de « Norou » et « Gara » appelant au respect des jeunes envers les valeurs familiales.

Héritage rendra hommage à leurs ancêtres de la façon la plus pure notamment sur « Boroterey » et sur « Batto ». Ce qui frappe d’emblée est tout simplement la profondeur émotionnelle distillée à travers ces compositions où Songhoy Blues côtoie la tradition et la modernité avec beaucoup de succès telles que « Garibou » implorant la pitié pour les « talibés » et « Woyhenna » entre autres. Après un « Issa » en guise de conclusion somptueuse nous alertant sur les problèmes du fleuve du Niger à l’heure où le réchauffement climatique battant son plein, le groupe malien réussit à se renouveler en affichant une facette plus épurée mais qui ne les empêche pas de garder cette verve toujours aussi imparable.

Note: 8/10