
Direction la Grande Pomme pour partir à la rencontre d’un musicien pour le moins singulier. Il s’agit de Nicholas Merz qui avait déjà fait ses preuves dans le milieu musical et qui compte sortir des sentiers battus avec son nouveau side-project qui se nomme New Orthodox. Allons savoir ce qu’il va nous réserver avec un premier long-format qui se nomme Bull Market On Corn.
La particularité de ce premier album, c’est qu’il fait parti de ces ultimes disques mis en boîte par le regretté Steve Albini. Très rapidement, Bull Market On Corn prendra une dimension particulière. Une dimension qui se veut à la fois solennelle et expérimentale où ces dix morceaux nous entraînent très loin où New Orthodox nous accueille dans son univers hors du commun. Armé d’une pedal steel et de sa voix baryton caverneuse, le musicien new-yorkais réussit à nous hypnotiser dès les premières notes de « Peacemakers Unite » complètement ensorcelant avant d’enfoncer le clou avec d’autres moments presque terrifiants comme « Glory » et « Standing Ovation » où il ira tacler la masculinité toxique, le capitalisme américain mais encore le système carcéral qui reste absolument inégalitaire.
Résolument avant-gardiste, le premier album de New Orthodox saura nous faire frissonner comme jamais. C’est en adoptant un langage bien fleuri avec son écriture bien trop brut de décoffrage (et encore, je suis gentil quand je dis ça) et en insultant son auditoire pour provoquer les réactions que le musicien new-yorkais saura nous interpeller avec d’autres moments solennels que sont « One Less Cop » qui est l’hymne ACAB par excellence ou bien encore « Berkeley Pit » et « Blue Marble ». Il ira également reprendre le fameux « Waves of Fear » de feu Lou Reed pour exprimer son désarroi face à une Amérique qui se meurt à petit feu avant de repartir de plus belle avec « Living Theatre » et « Lickety Split » en guise de conclusion bien énigmatique. Avec Bull Market On Corn, New Orthodox viendra étonner son auditoire avec cette singularité et cette radicalité avant-gardiste d’une sincérité désarmante.
Note: 7.5/10
