Bon Iver – SABLE, fABLE

Lorsque l’on évoque Bon Iver, les esprits s’échauffent, les yeux deviennent écarquillés tellement il a marqué l’indiesphère américaine ces quinze dernières années. Une chose est sûre, c’est que le légendaire projet de Justin Vernon n’avait pas donné signe de vie depuis son précédent album nommé i,i (chroniqué ici) qui fut son dernier album en hommage à une saison. Inutile de préciser qu’il fut presque attendu comme le Messie avec l’arrivée de son cinquième album du nom de SABLE, fABLE faisant suite à leur EP paru quelques mois plus tôt.

Quelque chose nous laisse à penser que Bon Iver semble enfin trouver la sérénité. Bien évidemment, on retrouve les trois titres de son EP que sont les très intimistes et dépouillés « THINGS BEHIND THINGS BEHIND THINGS » ainsi que « S P E Y S I D E » et « AWARDS SEASON ». Tout en gardant ses bases indie folk avec une bonne dose d’expérimentation pop et de sonorités glitchées, Justin Vernon viendra élargir ses horizons pour mieux nous impressionner avec des arrangements sophistiqués dont seul lui a le secret notamment sur des titres très rythmés comme « Everything Is Peaceful Love » et « Walk Home ».

Il faudra considérer SABLE, fABLE comme un disque où Bon Iver passe de l’ombre à la lumière, où notre protagoniste passe de la dépression à un nouveau départ. Des premiers titres épurés et mélancoliques, on passe à des moments plus colorés avec « Day One » en compagnie du producteur Dijon et de Flock of Dimes (qui s’était déjà illustrée sur i,i) où les influences gospel sont de plus en plus présents avant d’arpenter des chemins plus soft-rock avec « If Only I Could Wait » conviant Danielle Haim. Mais ce qui frappe d’emblée, c’est la couleur soul qui ajoute une dimension plus chaleureuse notamment sur « From » ou encore sur « I’ll Be There » (qui n’est pas une reprise des Jackson 5, bien entendu) et qui manifeste d’une incroyable renaissance artistique.

Avec SABLE, fABLE, on peut facilement imaginer Bon Iver en un sorte de phénix musical. Fini les ambiances mélancoliques et épurées qui auront fait son charme, Justin Vernon a enfin trouvé la paix et la lumière à travers son panel d’influences musicales qui lui vont comme un gant et qui pourraient amorcer un nouveau virage musical toujours aussi enchanteur, espérons-le.

Note: 8.5/10