Tapeworms – Grand Voyage

Cela faisait quand même un petit bout de temps que nous n’avions pas eu de nouvelles de la part de Tapeworms. Le trio lillois nous avait gratifié d’un excellent premier album du nom de Funtastic (chroniqué ici) paru pendant le confinement avant de disparaître mystérieusement de la circulation, à un tel point que l’on s’inquiétait. Et pour être honnête avec vous, j’ai vraiment eu aucune news, je l’ai appris sur le tard que le groupe vient de sortir son successeur qui se nomme Grand Voyage. Mais la question est de savoir: que s’est-il passé durant ce laps de temps ?

Avant que le confinement n’éclate, Margot Magnière et Theo Poyer (le troisième membre Elliott est resté à Lille durant ce temps) avaient entrepris un voyage à Tokyo. Malheureusement, ils sont restés coincés là-bas vu que c’est devenu difficile de prendre un vol en retour mais cela leur a permis d’élargir leurs horizons musicaux et de se réinventer à 200%. En restant à Tokyo, Tapeworms laisse définitivement les influences shoegaze de leur premier album pour aller puiser leur inspiration auprès des sonorités beaucoup plus électroniques avec une forte esthétique Y2K en prime. Le résultat se fait ressentir sur « Window Seat » et « IRL » où les guitares sont rangés dans un placard au profit des synthés colorés et d’autres sonorités 8-Bit et passages glitchées avec une bonne touche d’hyperpop et de picopop actuelle mettant en valeur l’interprétation sucrée de Margot Magnière.

Exit My Bloody Valentine et accueillez ainsi les ambiances néon et rétro-futuristes règnent en maître. Tapeworms se réinvente et brouille les pistes entre le rêve et la réalité à travers des compositions immersives telles que « Safe And Sound » ou bien encore « Pitch Pop » riche en surcompression et en paillettes. On peut facilement imaginer un monde pré-11 septembre à l’écoute de Grand Voyage, autoproduit (avec l’aide de Petit Fantôme au mixage), qui s’avère absolument insouciant tout en naviguant dans la capitale du Soleil Levant avec d’autres moments aventureux et sucrés que sont « Playground » sans oublier « That Place In Time » et « Puzzle » symptomatiques de leur renouveau.

Il ne manquera plus que la virevoltante conclusion du nom de « Count★Down (Star) » pour que ce Grand Voyage de Tapeworms puisse s’avérer surprenant de bout en bout. Bien évidemment, les fans de la première heure seront décontenancés par ce renouveau mais il n’empêche que le groupe lillois n’a pas peur de plonger la tête dans l’eau dans une nouvelle histoire riche en mystères en tous genres.

Note: 7.5/10