
La dernière fois que nous avions eu des nouvelles d’Eyedress, il fallait remonter à l’année 2022 avec son précédent album FULL TIME LOVER (chroniqué ici). Suite à cela, tous les yeux et les oreilles étaient rivées sur le one-man-band américain qui a détonné par sa versatilité hors normes exprimées sur sa discographie si singulière, à un tel point que le géant RCA s’intéresse à lui et le signe sur-le-champ. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour lui de frapper de nouveau fort avec un nouveau périple musical dense du nom de Stoner.
Une fois de plus, Eyedress ne compte pas faire les choses à moitié avec ces 21 nouveaux titres pour 57 minutes de musique et cette ribambelle d’invités venus de tous horizons. Il suffit de prendre son spliff, de tirer une taffe et de se laisser emporter par ce trip musical haut en couleurs qui démarre avec un « Change My View » en compagnie d’Elvia et de Boaty aux relents shoegaze avant de prendre son envol avec les imposants « Downers » avec Provoker et « Stars In Your Eyes » en compagnie de Harmony Korina. A l’inverse, on retrouvera des moments plus mélodiques et acidulés tels que « My Simple Jeep » avec le slacker hero Mac Demarco ou bien même « Satan’s Son » en compagnie de Matt Sweeney. Bref, vous l’avez compris, Stoner s’annonce dantesque.
Explorant de nombreuses influences musicales (punk, hardcore, lo-fi, shoegaze, new wave, synthpop, cloud rap…), le musicien et producteur californien brille une fois de plus par son unicité et sa versatilité. Ne soyez donc pas surpris si l’on passe du coq à l’âne avec notamment le smooth « The Big City » co-produit par Chad Hugo, ex-moitié de The Neptunes, qui contraste avec le synthpunk abrasif de « New Money » aux lignes acid avec Na-Kel Smith et N8NOFACE par exemple. D’ailleurs, les invités tirent également leur épingle du jeu, à commencer par le revenant Mayer Hawthorne sur le groove acidulé de « Keeping Score » mais également The Marias qui ajoute une bonne dose de douceur sur « Separate Ways » mais c’est surtout Harmony Korine, le MVP de l’album, qui se fait plus que remarquer notamment sur le cradingue « Dragon Meat » et sur les ascensions 80’s de l’onirique « My Crazy Ways ».
Après un « Never See Your Face Again » avec Strawberry Guy en guise de conclusion lo-fi solennelle et léthargique, ce Stoner sera à la portée de tous. Une autre preuve qu’Eyedress n’a rien perdu de ses ambitions grandiloquentes surtout lorsqu’il s’agit de nous offrir un périple musical coloré et hors du commun. A consommer avec un bédo bien entendu.
Note: 8/10
