
On avait laissé Jenny Hval avec un Classic Objects qui fut une sacrée réussite de sa part il y a trois années de cela maintenant (chroniqué ici). L’artiste norvégienne continue de repousser les limites de sa créativité musicale et continue de transporter son auditoire dans des univers différents et enchanteurs. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour elle de récidiver avec son successeur du nom d’Iris Silver Mist.
Classic Objects a eu cette particularité d’avoir un concept abstrait, si ce n’est que de visiter des paysages à la fois réels et utopiques à travers des compositions épurées. Iris Silver Mist va puiser son inspiration auprès du célèbre parfum de Serge Lutens et, selon les dires de Jenny Hval, ce neuvième disque ira se diffuser comme cette fameuse fragrance. On se laisse enivrer dès le départ avec l’angélique « Lay down » où l’artiste norvégienne opte pour une ambiance céleste et épurée avant de prendre son envol avec le lumineux « To Be A Rose » et la pop somptueuse de « All Night Long ». Il n’y a pas à dire, on retrouve l’aspect enchanteur qui aura toujours fait sa force.
Le périple musical d’Iris Silver Mist n’est pas non plus un long fleuve tranquille. On en veut pour preuve des contrées plus ténébreuses telles que « I Want To Start At The Beginning » très minimaliste et très Broadcast dans l’âme sans oublier les field recordings pour ajouter plus de texture à sa musique presque surnaturelle (cris d’oiseaux, crépitement de la pluie, etc…). Ajoutez cela à une large palette sonore telles que de larges effets électroniques notamment sur « The Gift » et vous obtiendrez un Iris Silver Mist dominé par des percussions hypnotiques et des compositions qui, tantôt, nous envoûtent (« You Died », « I Don’t Know What Free Is ») tantôt nous bousculent (les séduisants breakbeats de « The Artist Is Absent »). Cette odeur musicale aura une teneur bien permanente et on est sous cette emprise du début à la fin tandis que Jenny Hval viendra clôturer cette cérémonie avec des compositions ambient que sont « A Ballad » et « I Want The End To Sound Like This » très auroraux dans l’âme tandis que sa voix ne demeure que murmure.
Chaque album de Jenny Hval nous transporte au lointain et ce Iris Silver Mist à la beauté glaciale et onirique ne dérogera pas à la règle. L’artiste avant-gardiste norvégienne livre ici son disque empreint d’une certaine sensualité qui réussit à nous dépayser et à éveiller notre subconscient comme jamais.
Note: 8.5/10
