Moontype – I Let The Wind Push Down On Me

Souvenez-vous lorsque Moontype était sorti de l’ordinaire avec l’arrivée de leur premier album nommé Bodies Of Water il y a quatre années de cela (chroniqué ici). Le groupe de Chicago mené par la bassiste Margaret McCarthy nous avait mis sens dessus dessous avec cette splendide fusion entre math-rock et jangle-pop avec un léger soupçon jazzy. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour eux de faire leur grand retour avec I Let The Wind Push Down On Me.

Le désormais quatuor (car on compte désormais les deux guitaristes Joe Suihkonen et Andrew Clinkman qui remplaceront Ben Cruz) viendra faire une extension de territoire. Pour ce nouveau disque paru chez les excellents Orindal Records, Moontype démarre sur les chapeaux de roue avec la tentaculaire introduction nommée « How I Used To Dance » prenant de l’ampleur au fur et à mesure en émotions avant de laisser place aux moments à la fois plus rythmés et envoûtants tels que « Let Me Cry » et « Long Country ». De quoi débuter ce I Let The Wind Push Down On Me sous de bons auspices.

Moontype pourra aussi compter sur Kate von Schleicher et sur Nate Mendelsohn pour des arrangements riches rendant les compositions plus vertigineuses que jamais comme « Four Hands » scindé en deux parties distinctes mais également « Walking In The Woods » et « Anymore » notables pour cette précision technique plus robuste que jamais. Et c’est l’occasion rêvée pour le groupe de Chicago d’élargir ses horizons musicaux en allant piocher vers le slowcore sur le ténébreux « Crushed » ou encore vers des terrains plus inquiétants sur « Starry Eyed » avec ces guitares toutes en tension et habillant parfaitement le storytelling bien intrigant de Margaret McCarthy.

Il ne manquera plus qu’un « Let Me Be » en guise de conclusion libératrice et poétique où on la sent libéré de tous ses fardeaux. Une autre preuve que Moontype réussit à se démarquer une fois de plus avec ce I Let The Wind Push Down On Me repoussant les limites de leur créativité pour en faire une œuvre indie rock à la fois gracieuse et viscérale à part entière.

Note: 8.5/10