Cola Boyy – Quit To Play Chess

Je fais parti de ceux qui ont été choqué et touché par la disparition de Cola Boyy. Parce que tout simplement, il faisait parti de ces artistes que je suivais depuis ses débuts et que j’adorais écouter pour avoir le pep’s dès le matin. Ses disques Black Boogie Neon et Prosthetic Boombox ont longtemps tourné dans ma platine, c’est dire. Donc lorsque j’ai appris sa disparition l’année dernière, ça m’a fortement piqué. Mais fort heureusement (ou pas, je ne sais plus pour être honnête), c’est qu’avant de nous quitter, il avait bossé sur ce qui est devenu son album posthume terminé lors de son vivant. Prêt.e.s pour un ultime tour de passe-passe groovy avec Quit To Play Chess ?

Selon ses proches, Cola Boyy a tout de même eu le temps d’approuver le mastering le jour de sa disparition, donc on sent que ce contenu restera de l’authentique. Le natif d’Oxnard pourra compter sur la participation d’Andrew VanWyngarden de MGMT (qui s’était déjà illustré sur son premier album) mais également de Lewis Ofman, Nate Fox et de Jared Solomon alias Solomophonic pour nous offrir un ultime tour de passe-passe. Et fort heureusement, le groove ensoleillé et fiévreux répond toujours aussi présent sur Quit To Play Chess avec un « Blame The Beret » où on retrouve son sublime bagoût pour ses influences néo-disco et funk qui brillent sur « Babylon » et « Crushin' » qui suivent.

Le Disabled Disco Innovator à la voix si particulière signe ses lettres de noblesse à travers cette épopée funky et psychédélique mais ô combien inventive. Entre voix pitchées, samples bien cuivrés, scratchs et arrangements colorés, il n’y a qu’un pas tandis que Cola Boyy ira toujours prendre la parole pour défendre les droits des classes populaires et ce Quit To Play Chess ne dérogera pas à la règle. Le natif d’Oxnard viendra sortir de sa zone de confort en ajoutant de nouvelles influences, allant du hip-hop sur l’hallucinogène « Red Carpet » au R&B somptueux sur « Walk Again » en passant par la drum’n’bass sur le survolté et atmosphérique « 800MPH » en compagnie du rappeur Wiki et le rocksteady sur « Heroes and Villains ». Cette versatilité viendra nous étonner de nouveau avant d’ajouter une bonne dose de groove onctueux avec les doux-amers « Top Of The Class » et « Calling » en guise d’adieu final.

Jamais un album posthume n’aura été aussi groovy et c’est sans compter sur le talent incommensurable de Cola Boyy qui laissera un grand vide à coup sûr. Cette positivité revendicatrice et cette singularité aura apporté une bouffée d’air frais et c’est ce que l’on ressent lors de l’écoute de ce Quit To Play Chess qui résonnera encore longtemps, je l’espère.