
Ce n’est plus un secret pour personne mais Léonie Pernet avait enfin connu la consécration avec son second album nommé Cirque de consolation (chroniqué ici). Suite à cela, l’artiste est devenue une des fers de lance de la scène electronica actuelle avec son univers hors du commun. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour elle de frapper de nouveau fort avec son successeur tant attendu du nom de Poèmes pulvérisés.
Ici, Léonie Pernet ira puiser son inspiration auprès du recueil de poésies de René Char tout au long de ces onze compositions intenses et organiques co-réalisées avec Jean-Sylvain Le Gouic alias Juveniles. La musicienne, ex-batteuse de Yuksek, avait entrepris un voyage à Niger pour partir à la rencontre de sa famille paternelle et ce voyage initiatique a permis d’ouvrir son troisième œil, comme l’atteste le morceau d’ouverture nommé « Brûler pour briller » où elle assume définitivement sa voix sous une myriade d’influences électro-pop cinématographique.
Avec des propos beaucoup plus directs et puissants sur des arrangements vertigineux comme sur « Je suis un souvenir », « L’horizon ose » et sur le bien nommé « Touareg » pour le moins électrique, Léonie Pernet bouscule les codes de sa musique afin de la rendre plus immersive que jamais. Poèmes pulvérisés sait aussi bien passer de moments rugueux à d’autres plus angéliques et riches en émotions comme les ballades épurées que sont « Le Pas de l’au-delà » et « Réparer le monde » mettant du baume au cœur face à ces temps sombres et perturbés.
Tantôt dépaysant avec « Paris-Brazzaville » et « Acid-Niger » mettant en avant les malheurs de l’autre côté de la Méditerranée tantôt politique sur l’interlude « Dispak Dispatch » notable pour ses chants de manifestation de sans-papiers ou encore profond et autobiographique sur le vertigineux « Les Rêves » ou encore le plus paisible « Nymphéas », ce Poèmes pulvérisés reste un incroyable manifesto signé Léonie Pernet. Ce voyage initiatique et cathartique permettra à l’artiste va à la rencontre de ses racines entre titres incisifs et ballades contemplatives avec des arrangements taillés sur mesure pour mieux nous emporter.
Note: 8/10
