Joe Armon-Jones – All The Quiet

En septembre dernier, Ezra Collective avait fait son grand retour avec leur dernier album nommé Dance, No One’s Watching que l’on adore toujours autant. Qu’on se le dise, la formation londonienne est devenue une des références en termes de jazz moderne et c’est une bonne chose. Pourtant, Joe Armon-Jones, membre fondateur et claviériste du groupe, ressent toujours ce besoin de s’émanciper de son côté. Six mois plus tard, on le voit naviguer en solo avec All The Quiet.

Une fois de plus, Joe Armon-Jones détonne pour son talent incommensurable qui est finement distillé tout au long de ces dix nouvelles compositions riches et métissées. Brouillant volontairement les pistes entre jazz, dub, afrobeat, funk et hip-hop, le claviériste et compositeur britannique viendra puiser son inspiration auprès des productions radicales de King Tubby et des soundsystems d’antan faisant son effet dès le départ avec les cuivrés « Lifetones » et « Forgiveness » absolument enchanteurs. Une formidable entrée en matière de ce genre, on en redemande.

Mais ce n’est que le début car All The Quiet viendra élargir ses horizons avec des titres absolument rayonnants à l’image de « Nothing Noble » ou encore de « Danger Everywhere » au groove absolument indéniable. Le chef-d’orchestre qu’est Joe Armon-Jones nous transporte dans son univers musical scintillant où sa fusion musicale fait des merveilles surtout lorsqu’il sort son carnet d’adresses prestigieux avec entre autres Asheber sur la sublime ballade contemplative qu’est « Kingfisher » et Goya Gumbani pour un « Eye Swear » aux influences plus hip-hop et psychédéliques du plus bel effet. Pour la section cuivres, il fera appel à ses acolytes de toujours, à savoir Ife Ogunjobi (trompette) et James Mollison (saxophone) mais également une section rythmique très acid jazz dans l’esprit avec Natcyet Wakili (batterie), Mutale Chashi (basse) et Kwake Bass (percussions) le temps de ritournelles jazz fusion absolument renversantes que sont « The Citadel », « Snakes » et « Hurry Up and Wait » en guise de cerise sur le gâteau.

Il ne fait aucun doute que ce All The Quiet mettra tout le monde d’accord avec ces compositions riches et singulières qui feront la quintessence de Joe Armon-Jones.

Note: 8.5/10

Comme dit le fameux dicton: « Quand il y en a plus, et bien il y en a encore ». Trois mois après le premier volet, Joe Armon-Jones rempile pour son successeur tant attendu. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il maintient le niveau qui était déjà très élevé.

On commence avec les relents dub de « Acknowledgement Is Key » en compagnie du redoutable Hak Baker pour bien lancer les hostilités avant que l’on se laisse emporter par ces compositions vibrantes et organiques que sont « Lavender », « Journey South » et « Paladin of Sound & Circumstance » qui restent toujours aussi succulents à l’écoute. Comme quoi, All That Quiet scintille toujours autant.

Tantôt méditatif (« PSR Orchestra ») tantôt rythmé (« War Transmission », « 505 Standby »), la musique métissée de Joe Armon-Jones reste avant tout immersive. Cette production radicale inspirée de King Tubby sublime à merveille les arrangements luxueux et organiques ainsi que les influences à mi-chemin entre jazz, dub, hip-hop et funk qui sont sublimées à travers les collaborations avec Greentea Peng et Wu-Lu le temps d’un « Another Place » ainsi qu’avec la renommée Yazmin Lacey sur la divine conclusion qu’est « One Way Traffic ». A travers cette saga nommée All That Quiet, le claviériste d’Ezra Collective détonne par ses talents de compositeur et d’arrangeur hors pair en repoussant encore plus loin le curseur du jazz made in London que l’on connaît tant.

Note: 8.5/10