Tropical Fuck Storm – Fairyland Codex

La dernière fois que nous avions eu des nouvelles de Tropical Fuck Storm, il fallait remonter à l’année 2021 avec leur album nommé Deep States (chroniqué ici). Le groupe australien nous avait mis sens dessus dessous avec cette fusion entre art-punk et no-wave pour un résultat absolument déglingué leur permettant de se démarquer par leur singularité hors normes. Après plus de quatre années de silence radio, ils en ont encore sous le coude avec leur successeur nommé Fairyland Codex.

Mais que vont-ils nous réserver pour cette nouvelle aventure musicale ? Il suffit d’appuyer sur la touche Play et de se laisser emporter par les gros riffs assassins de l’introduction bien assassine et inquiétante du nom de « Irukandji Syndrome » mené par Gareth Liddiard (chant, guitare) où Tropical Fuck Storm rentre dans le tas. Le groupe australien compte jouer avec nos émotions de bout en bout avec un « Goon Show » notable pour cette fin noisy absolument démente sans oublier des moments tout aussi imposants que sont « Dunning Kruger’s Loser Cruiser » presque arty dans l’âme et réussissant à nous désorienter par cet aspect foutraque et dissonant. C’est en faisant preuve de satire face à un monde s’enfonçant dans une idiocratie la plus flagrante et ignorant la crise climatique et l’aliénation autour de nos écrans.

Au milieu de ces tourmentes absolument foutraques, Fairyland Codex n’oublie pas ses moments d’accalmie montrant une autre facette de Tropical Fuck Storm. C’est notamment le cas lors des écoutes de l’apaisé « Stepping On A Rake » interprété par la bassiste Fiona Kitschin revenant sur ses années difficiles sans oublier l’audacieux et complexe morceau-titre aux relents Americana ainsi que le gentiment jazzy « Joe Meek Will Inherit The Earth » mais teinté d’ironie et de paranoïa. Bien évidemment, un soupçon de groove aussi bien lancinant que post-industriel est plus que le bienvenu avec « Teeth Marché » un brin lo-fi balançant toutes les absurdités économiques mais également le funk mutant de « Bloodsport » aux riffs angulaires traitant d’une société bien trop aveuglée par ce besoin de compétition sur tous les terrains.

Après un « Moscovium », interprété par Fiona Kitschin, quelque peu bluesy mais notable pour cette accélération rythmique et ces riffs fougueux hors du commun, on retrouve ainsi toute la fantaisie qui aura fait toute la quintessence de Tropical Fuck Storm. Fairyland Codex est un véritable cirque musical doux-amer où toutes les influences musicales sont distillées avec beaucoup d’excentricité et d’inventivité. Le groupe australien fera preuve d’ironie mordante et de satire hallucinogène à travers ce chaos groovy qui englobe ces dix compositions si singulières.

Note: 8/10