Far Caspian – Autofiction

En l’espace de deux albums, Far Caspian a réussi à nous enivrer comme jamais. On avait laissé le groupe de Leeds mené par le musicien multi-instrumentiste irlandais Joel Johnston avec un The Last Remaining Light il y a trois années de cela et qui fut un véritable chef-d’oeuvre lo-fi. En pleine saison estivale, la formation signe son grand retour avec leur successeur tant attendu du nom d’Autofiction.

Très rapidement, Far Caspian viendra nous emmener dans un périple musical doux-amer dès le départ avec un « Ditch » à la fois langoureux et lo-fi. Inspiré par son récent diagnostic de la maladie de Crohn, Joel Johnston ira mettre en avant son impact sur sa santé à la fois physique et mentale à travers de magnifiques compositions spleenesques telles que l’éclatante « First Day » qui suit mais également les allures slowcore de « The Sound of Changing Place » et de « Window ». Quelque chose nous laisse à penser qu’Autofiction sera un très grand disque.

Et on ne s’y est pas trompé car Far Caspian a ce don de jouer avec les contrastes de façon élégante. Autofiction poursuit dans cette voie avec l’ascenseur émotionnel de « Here Is Now » alternant montées cristallines et descentes vertigineuses ou encore des plus aventureux « A Drawing Of The Sun » et « An Outstretched Hand / Rain From Here To Kerry » notables par cette intensité sautillante et légèrement noisy. C’est en marchant sur les pas de The Radio Dept mais aussi de Grandaddy et de Big Thief que le songwriting émotionnel de Joel Johnston prendra aux tripes et ce jusqu’au bout avec d’autres tires absolument denses et lumineux que sont « Whim » et « End » toujours aussi finement arrangés.

Autofiction est un sublime manifeste clair-obscur de la part de Far Caspian rappelant que l’on peut trouver de l’optimisme dans cette mélancolie ambiante. Il fonctionne comme un moment suspendu dans le temps avec ces magnifiques compositions prêtes à nous accompagner pendant un petit bout de temps et ce, peu importe les saisons.

Note: 8.5/10