
Il faudra une signature chez Matador Records pour que la machine Water From Your Eyes puisse aller plus loin. Le duo expérimental composé de Rachel Brown alias Thanks For Coming et de Nate Amos alias This Is Lorelei a enfin atteint la popularité avec leur précédent album nommé Everyone’s Crushed il y a deux années de cela (chroniqué ici). Après une série de sorties de projets solo, l’heure est venue pour le duo de retrousser leurs manches avec leur successeur qui s’intitule It’s A Beautiful Place.
En moins d’une demie-heure au compteur, cette nouvelle aventure musicale de Water From Your Eyes détonne une fois de plus pour cet esthétique sci-fi rendant le tout bien originale. Après une courte introduction instrumentale bien dronesque et bien mystique nommée « One Small Step » (qui est rejointe par la courte conclusion qui se nomme « For The Mankind »), le duo new-yorkais (accompagné d’Al Nardo et de Bailey Wollowitz du groupe Fantasy Of A Broken Heart) nous embarque dans une odyssée musicale faussement naïve mais ô combien inventive, à commencer par des titres percutants sentant bon le DIY tels que l’intense « Life Signs » sentant bon le math-rock à mi-chemin entre Shudder To Death et Don Caballero mais également les riffs jangly de « Nights In Armor » et des influences shoegaze crasseuses de « Born 2 » qui suivent.
Water From Your Eyes réussit à détonner par cette versatilité qui fait mouche en intégrant cette ambiance synthétique, ces riffs presque grungy et ces rythmiques quasiment métalliques. Cela donne naissance à d’autres morceaux incisifs à l’image de la mélodie syncopée de « Spaceship » qui est notable pour ses arrangements classes mais encore des allures dance-punk arty de « Playing Classics » montrant, tout en rassemblant les pensées post-modernes, que le duo new-yorkais n’a rien perdu de ce côté dansant de leur prédécesseur au milieu de ces compositions plus électriques et mid-tempo.
It’s A Beautiful Place ira enfoncer le clou avec des moments plus traditionnels sur le morceau-titre presque fataliste dans l’âme et sur la ballade noisy de « Blood On The Dollar » où l’interprétation éthérée de Rachel Brown fait écho aux guitares triturées de Nate Amos. Et en ce sens, on pourra qualifier de classique instantané pour le duo new-yorkais qui n’aura pas fini de nous en faire voir de toutes les couleurs avec ce nouvel album labyrinthique et ô combien addictif qui nous amène dans un endroit sci-fi où tout est possible et où tout peut évoluer.
Note: 9/10
