
Personne n’aurait pu prédire le virage qu’allait entreprendre Wolf Alice quatre années plus tôt. Pour celleux qui s’en souviennent, le quatuor britannique avait surpris son auditoire avec leur troisième album nommé Blue Weekend (chroniqué ici) qui laissait entrevoir des influences pop à travers cette fusion entre grunge et shoegaze. Et lorsque les chouchous du NME et du Mercury Prize font leur retour, cela reste un événement et les voici de retour avec leur successeur intitulé The Clearing.
Et tout nous laisse à penser que Wolf Alice viendra nous étonner à travers ce nouveau périple musical. C’est en quittant le label Dirty Hit pour la major (Columbia), la bande à Ellie Rowsell quitte ainsi leur Londres natal pour la Californie tout en sollicitant l’aide de Greg Kurstin aux commandes afin de viser encore plus large. C’est notamment le cas lors du morceau d’ouverture céleste et introspectif nommé « Thorns » tous cordes dehors où le quatuor britannique prend un virage 100% pop avant d’enfoncer le clou avec le groove addictif de « Bloom Baby Bloom » qui suit.
Et autant vous dire qu’ils assument parfaitement ce virage californien tout au long avec des titres étonnants et solaires comme « Just Two Girls » ou bien même « Passenger Seat » où le spectre de Fleetwood Mac plane tout au long. Wolf Alice détonne par ces arrangements beaucoup plus riches comme « Leaning Against The Wall » où Ellie Rowsell détonne par son interprétation impressionnante ainsi que la ballade menée au piano qu’est « Play It Out ». The Clearing est l’occasion idéale pour nos quatre protagonistes de retrouver la paix intérieure après avoir affronté la vingtaine bien tempétueuse et espère affronter la trentaine sur les accents 70’s de « Bread Butter Tea Sugar » ou sur des moments plus pastoraux que sont « Safe In The World » et « Midnight Song », sans oublier le galopant « White Horses » où le batteur Joel Amey partage le micro avec notre protagoniste.
The Clearing se clôture avec une ballade au piano du nom de « The Sofa » presque Carole King dans l’âme, Wolf Alice étonne par cette métamorphose musicale. Bien entendu, on ira regretter cette absence totale de brûlots grunge et shoegaze sur cette quatrième galette mais cela permet de rappeler que le quatuor britannique entame un nouveau chapitre, plus mûr et plus sage, afin d’entamer cette trentaine sans avoir froid aux yeux.
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