Sarah Maison – DIVAD

Il aura fallu deux EPs emblématiques ainsi que des collaborations remarquables avec le producteur Anoraak pour que Sarah Maison puisse s’imposer parmi les jeunes pousses de la scène française. On avait laissé notre protagoniste absolument rayonnante avec son EP précédent du nom de Soleils paru en 2021 (chroniqué ici) lui permettant de passer au stade de la confirmation rapidement. Presque quatre longues années se sont écoulées avant qu’elle ne présente son premier long-format tant attendu du nom de DIVAD.

Il n’y a aucun doute, on retrouve ce qui a fait la quintessence de Sarah Maison dès le morceau-titre introductif. Toujours aussi élégante et majestueuse, elle réussit une fois de plus ce parfait compromis entre chanson française, musique égyptienne, disco digne des années 1970 et synthpop rétrofuturiste donnant naissance à des œuvres renversantes à l’image de « La Mandoline » et de « La Vie » qui suivent. La recette musicale que Sarah Maison a appliqué sur ses précédents EPs marche à merveille et n’hésite pas à ajouter une bonne dose de nostalgie à travers sa musique voyageuse.

Et au fur et à mesure que l’on progresse dans ce voyage étourdissant et cosmique, Sarah Maison n’hésite pas à s’ouvrir à nous de la plus belle des manières. C’est en exprimant sa vulnérabilité et son envie d’exister à travers des titres somptueux tels que la calvacade électrique et politique de « Exister » ainsi que « Dans une ivresse » et « Harmonies » qu’elle brille de mille feux tandis qu’elle convoque les spectres de Al Massrieen, de Kourosh Yaghmei et de Françoise Hardy à travers son interprétation théâtrale et presque Weyes Bloodienne si je ne puis dire notamment sur « Dessiner » et sur « Jamais ». Cette élégance flamboyante continue de prendre son envol tout en nous bouleversant sur des influences un brin anglo-saxonnes avec « Ton corps » et la magnifique conclusion nommée « Bonsoir » qui est une ode contre le racisme et un plaidoyer pour la tolérance.

Ajoutez ceci à sa voix si gracieuse et si frissonnante et vous obtiendrez un DIVAD des plus fabuleux. Titubant entre pop anglaise décomplexée, groove oriental et surréalisme digne de Jodorowsky, Sarah Maison assume avec beaucoup d’élégance son identité d’électron libre de la pop française actuelle qui n’aura pas fini de nous éblouir.

Note: 8.5/10