
En l’espace de cinq albums, Alice Phoebe Lou réussit à s’imposer sur la scène musicale actuelle. La musicienne n’avait pas fini de nous envoûter avec son prédécesseur qui s’intitule Shelter il y a deux années de cela maintenant avant de nous entraîner avec son side-project plus groovy du nom de Strongboi qui avait sillonné les routes françaises récemment. Mais c’est la douceur qui prédomine avec son sixième disque solo qui se nomme Oblivion.
Une fois de plus, Alice Phoebe Lou réussit à aborder des thèmes intimistes ayant une portée étrangement universelle. Il suffira de onze sublimes ballades indie folk qui furent composées en silence au fil de la dernière décennie dont le morceau d’ouverture nommé « Sailor » suffit pour nous toucher avec ce jeu de fingerpicking remarquable qui se déclinera sur d’autres magnifiques titres introspectifs que sont « Pretender », « Mind Reader » et autres « The Surface ». De quoi mettre du baume au cœur pendant cette période bien anxiogène.
C’est en marchant sur les pas de Nick Drake, Joni Mitchell et de Leonard Cohen qu’Alice Phoebe Lou brille de mille feux par cette grâce tant distinguée. Que ce soit sur « Old Shadows » ou sur « Darling », la musicienne sud-africaine fait preuve de sincérité désarmante avec cette sérénité qui fera frémir plus d’un et ce jusqu’au bout avec « Skyline » et « With Or Without » en guise de conclusion bouleversante. Oblivion est une sublime œuvre indie folk vaporeuse où l’on s’y réfugie à l’abri d’un monde sombrant de plus en plus dans le chaos et la folie.
Note: 8.5/10
