
On poursuit notre saga des découvertes musicales venues tout droit de Montréal avec Kat Pereira. Il s’agit d’une autrice-compositrice-interprète qui détonne par sa singularité musicale brouillant les pistes entre chanson française, neo soul, nu funk, jazz, hip-hop, hyperpop et electronica expérimentale. Une fusion musicale qui viendra tout embraser sur son passage avec un premier long-format du nom de ver de lichen.
Il suffira de quatorze nouveaux titres pour témoigner des incroyables ambitions musicales de Kat Pereira. Celle qui s’est hissée à la finale des Francouvertes nous mettra sens dessus dessous avec ce groove mutant et ces rythmiques atypiques qui dominent des titres polymorphes tels que « l’écumeur de mer (maison philosophie) » et « où est ma maison » en ligne de mire. C’est en explorant des thèmes à la fois intimistes et universels comme le colonialisme, la quête d’identité et le féminisme comme sur l’énergie infectieuse de « je ne crois plus au karma » et de « cartography of the rizhomme » que l’artiste montréalaise réussit à se démarquer avec tant de classe et de distinction.
Mais ver de lichen est un véritable manifeste de la part de Kat Pereira qui laissera un impact dans ce climat sociopolitique en musique. Il est question de préservation et de rapports hiérarchiques dans notre société actuelle avec « goémon sous la lune » ou bien même « camomille » où la production de Félix Petit réussit à relever le tout. Impossible de ne pas penser tantôt à Hiatus Kaiyote tantôt à Bonnie. Banane tant les influences se font plus que ressentir de bout en bout notamment sur « toutes les fins du monde ont les mêmes atomes » ou sur « l’électrostriction de nos corps » pour les moins ensorcelants mais notre protagoniste nous étonne par cette originalité hors normes qui brille de mille feux sur ce premier album poétique et ambitieux. À déguster sans modération.
Note: 8/10
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