
Je me rends compte que je n’ai jamais mis en lumière Oneohtrix Point Never alors que je suis sa discographie attentivement. Tout simplement à cause de… vous savez pourquoi. Quoi qu’il en soit, Daniel Lopatin avait quelque peu déçu avec son précédent album nommé Again il y a deux années de cela et c’est à se demander si il n’était pas réellement sur la pente descendante. Mais ça, c’était avant que je n’écoute son nouveau disque nommé Tranquilizer.
Oneohtrix Point Never semble revenir à l’essentiel tout au long de ces quinze nouveaux morceaux absolument labyrinthiques et immersifs qui auront de quoi nous mettre sens dessus dessous. Tranquilizer ira puiser son inspiration auprès de cette idée de disparition et d’obsolescence où notre explorateur sonore nous entraîne dans ce périple construit autour d’une vaste collection de samples des années 1990-2000 qu’il avait bookmarké sur le site Internet Archive démarrant en trombe avec ce sample de guitare bien tendu de « For Residue » amorçant une ouverture des plus menaçantes.
Dès lors, Tranquilizer brouille aisément les pistes entre chaos digital et ambient paisible tout au long avec également les secousses noisy de « Bumpy » et le plus ondulé « Lifeworld » qui suivent. Oneohtrix Point Never saura nous transporter dans une expérience sensorielle bien instinctive avec également d’autres perles à la beauté vaporeuse telles que les synthés presque sci-fi de « Measuring Ruins » ainsi que le plus hanté « Modern Lust » avec ce sample de trompette distordu. Ce nouveau disque viendra provoquer nos sens où notre perception de l’imaginaire et du réel tout en explorant l’évasion avec le funk mutant de « Fear Of Symmetry », la trance absolument extatique de « D.I.S. » ou bien encore les ascenseurs émotionnels complètement dantesques comme sur « Rodl Glide » à l’introduction presque R&B fantomatique presque en slow-mo avant de virer vers des allures techno hardcore/rave mais également sur la conclusion faussement jazzy de « Waterfalls » brouillant une dernière fois les frontières entre le monde réel et l’imaginaire.
Avec Tranquilizer, Oneohtrix Point Never signe sa plus belle œuvre depuis Garden of Delete paru il y a dix ans pile. Ici, le producteur américain nous embarque dans un périple facilement immersif afin de capter toutes les nuances tandis que l’on contemple notre environnement toujours en mouvement et en constante. Les sons venus d’ailleurs parfois oubliés peuvent nous ramener à nous-mêmes et c’est ce qui fait l’excellence de Daniel Lopatin.
Note: 9/10
