
Décidément, cette fin d’année est bien riche en comebacks complètement inattendus. Je pense notamment à Tobias Jesso Jr. qui a eu une carrière bien fructueuse. Pour celleux qui se souviennent, notre protagoniste était sorti des sentiers battus il y a dix ans pile avec un premier album nommé Goon que j’avais beaucoup aimé à l’époque où j’avais lancé ce site. Mais plutôt que de maintenir sa carrière solo, l’artiste de Vancouver a préféré privilégier son autre casquette, à savoir son statut d’auteur-compositeur et de producteur pour FKA Twigs, Adele, Harry Styles ou encore pour Orville Peck. Personne n’aurait imaginé un retour en musique de notre protagoniste… jusqu’à cette semaine où on nous annonce un retour imminent avec un second album nommé s h i n e. Qui l’aurait cru ?
On retrouve au programme huit nouvelles compositions où Tobias Jesso Jr. viendra se mettre à nu comme jamais. S’éloignant des influences dignes de Randy Newman, Brian Wilson ou encore de Harry Nilsson de Goon, le musicien canadien se livre à nous derrière son piano avec des morceaux pleins de fragilité. La vulnérabilité de son protagoniste est exprimée dès le départ avec « Waiting Around » qui est chargé d’émotions tout comme sur d’autres compositions épurées telles que « Black Magic » et « Bridges » qui suivent et permettent d’afficher le tableau de ce s h i n e si introspectif.
Bien entendu, même si la volonté est plus que saluée, je pense que l’on attendait plus de la part de Tobias Jesso Jr., suite à son CV bien prestigieux. En effet, s h i n e fonctionne un peu comme un album de démos inachevés pour les artistes. Et même si des ballades menées au piano comme « Everything May Soon Be Gone » et « Green Eyes » auront de quoi nous émouvoir, on aurait aimé quelque chose de plus profond et de plus osé, à l’image de ce qu’il nous a offert dans le passé. L’inventivité est quelque peu exprimée sur « I Love You » avant que n’interviennent une grosse boîte à rythme presque industrielle et inaudible qui surgit de nulle part et qui a de quoi faire sursauter aux premiers abords avant que le calme ne revienne pour de bon avec un « Lullaby » en guise de conclusion cristalline et hantée. Mais il n’empêche que cela fait toujours autant plaisir de retrouver Tobias Jesso Jr. après une décennie d’absence même si s h i n e aurait mérité plus d’ambitions à la hauteur de son talent.
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