Mary Lattimore & Julianna Barwick – Tragic Magic

Tiens, ça faisait un petit bout de temps qu’on n’avait pas parlé de Mary Lattimore par ici. En effet, il fallait remonter à l’année 2023 avec son album nommé Goodbye, Hotel Arkada. Mais là où la célèbre harpiste américaine, c’est à travers des collaborations taillées sur mesure: Jeff Zeigler, Meg Baird, Steve Gunn, Mac McCaughan… Et en ce début d’année, elle remet ça avec cette fois-ci Julianna Barwick qui nous avait également manqué. A elles deux, elles viendront nous envoûter comme jamais avec un album collaboratif du nom de Tragic Magic.

Pour comprendre pourquoi elles ont décidé d’unir leurs forces, il faut remonter à l’année 2025 qui a débuté par cette féroce incendie qui a ravagé tout Los Angeles. Plus de peur que de mal pour Mary Lattimore et Julianna Barwick qui ont trouvé refuge à Paris et c’est le label inFiné et la Philharmonie de Paris qui ont décidé de leur ouvrir les bras. Les figures de proue du courant ambient viendront panser leurs blessures à travers leurs instruments de prédilection, à savoir la harpe pour madame Lattimore ainsi que les synthés analogiques et les textures vocales fantomatiques de Julianna Barwick qui font effet dès le départ avec « Perpetual Adoration » résolument onirique et faussement candide avant de prendre son envol sur des compositions méditatives telles que « The Four Sleeping Princesses » et « Haze With No Haze » entre autres.

Il n’y a pas à dire, Tragic Magic qui est un véritable voyage musical tiraillé entre l’ombre et la lumière. Mary Lattimore et Julianna Barwick savent aussi bien convoquer la tragédie tout en émerveillant son auditoire à travers ces reprises inattendues de « Rachel’s Song » de Vangelis ou encore de « Temple Of The Winds » de Roger Eno. Les instruments soufflent le chaud et le froid en ajoutant un peu de rythme sur « Stardust » s’éloignant des contrées baroques pour des influences kosmische et aliénesques pour un résultat absolument effréné. Il ne manque plus qu’un « Melted Moon » en guise de conclusion scintillante mais qui fait écho à cette catastrophe si traumatisante pour que le tandem Lattimore/Barwick saura trouver de la beauté dans la fragilité de la vie et dans un monde s’enfonçant de plus en plus dans le chaos. La magie dans la tragédie en somme.

Note: 8/10