
Il aura fallu ne poignée d’EPs pour que Gervaise puisse se faire une entrée remarquable dans le paysage hexagonal. On l’avait laissé en pleine forme avec son précédent EP du nom de Chair Tendre il y a deux années et demi de cela maintenant et forcément elle est attendue en grandes pompes. Et au final, elle ne compte pas nous décevoir avec son premier long-format événement du nom de La Pudeur.
Au programme de ce premier album, Gervaise nous embarque dans son intimité à travers ces douze nouveaux titres absolument ensorcelants. La Pudeur est un véritable voyage musical vulnérable et brut démarrant avec un « Journal Intime » où elle se confie sur ses névroses et ses angoisses du quotidien qui la hantent jusqu’aujourd’hui avant de chasser les vilains nuages avec des compositions renversantes à l’image de « Fame », « Hello » ou encore de « Ultrasensible » qui suivent.
A travers des influences pop actuelles pour les moins incisives, Gervaise se montre plus brute de décoffrage comme jamais. C’est en s’ouvrant sur son enfance difficile placé sous le signe de la maltraitance, son rapport conflictuel avec son père, l’anxiété sociale ou encore l’hypersensibilité qu’elle viendra nous émouvoir, que ce soit sur « Ultrasensible », « Je vais bien » ou bien sur « Flirt avec l’orage » entre autres. Le rapport à son corps est exprimé sur « Fuck mon corps » tandis que ses engagements féministes sont mis en avant comme sur « Vendeur de roses » et sur « Un homme » tandis que l’on navigue entre différents états d’âme, allant de la rage à la mélancolie la plus pure comme sur « Je suis née ». C’est en se dévoilant à nous que Gervaise réussit à faire tomber le masque sur ce premier album introspectif et brut de décoffrage.
Note: 7/10
