Bibi Club – Amaro

Si il y a une chose dont on peut vous affirmer, c’est que nous sommes des fans inconditionnels de Bibi Club. En deux albums, le duo montréalais a su conquérir nos cœurs avec leur musique à la fois onirique, poétique et ô combien mystique. Après leur Feu de Garde leur permettant de tutoyer les sommets, allons savoir comment Adèle Trottier-Rivard et Nicolas Basque vont maintenir le niveau élevé avec leur successeur tant attendu du nom de Amaro.

Pour cette nouvelle aventure musicale, Bibi Club viendra franchir un nouveau seuil créatif à travers ces onze nouvelles compositions ô combien ensorcelantes. Inspiré par leurs récentes tournées en compagnie de Blonde Redhead et de Circuit des Yeux, le duo montréalais opérant un virage plus électronique et plus mutante (suite à une collaboration remarquable avec Calvin Johnson) nous entraîne dans un périple à la fois sombre, onirique mais ô combien incandescent qui nous accueille avec un « Infinité » aussi bien dansant qu’ésotérique avec ce riff grinçant si entêtant.

De quoi aborder ce Amaro de la plus belle des manières qui se poursuit avec le morceau-titre aux airs darkwave orientaux ainsi qu’avec « Les vagues » qui est une véritable pépite dream-pop avec ces riffs cinglants. Bibi Club ira aborder cette dualité de l’ici et de l’au-delà tout en nous rappelant que les choses essentielles telles que la nature, l’amour et la solidarité sont plus que sacrées par les temps qui courent. Et c’est à travers des moments fortement cathartiques telles que le puissant « Washing Machine » (« Where do we go after the death of our child », chante-t-elle) mais encore avec des collaborations taillées sur mesure telles que Helena Deland qui viendra leur prêter main forte sur le ténébreux « A Different Light » tout comme le saxophoniste Dimitri Milburn le temps d’un « George Sand » complètement dantesque allant d’une introduction riche en mur du son guitaristique aux accents électroniques en passant par des allures free-jazz. Du très grand art, vous dis-je !

Il ne manquera plus qu’une parenthèse solennelle et presque velvetienne du nom de « La bête en colère » ainsi que d’une conclusion à la fois onirique et intense nommée « The Pine On The Corner » notable par cette montée en puissance pour que Bibi Club tire de nouveau son épingle du jeu. Avec Amaro, le duo montréalais agrémente des influences avant-pop et electronic body music à travers cette musique pulsative jouant parfaitement avec le clair-obscur tout en se définissant dans le collectif et l’intime mais avec un but précis qui les anime: la fureur de vivre.

Note: 8.5/10